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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHAN

CHAPITRE III.

Le Regm de Mengko ou Mangû Khan.

Le régné T ’empereur Mengko avoit beaucoup d’esprit & de courage, les caísi*de Mangû. Lv p a g ne s qu’il fie dans le Chen-si & le Honan avec Toley l'on pere, ócKhan IK, j a g uerre q U ’fi fit en Occident lui donnerent beaucoup inexpérience, ilde?Mo. r connoissoit par lui-même les vastes Etats des Mongols, & la plupart desgols. Généraux Chinois, Tartares & Etrangers.. II déclara son frere Hu-pi-lay- ■ ■ — oa Kub'lay Lieutenant-Général de tous les Pays qui font au Sud du grand

Mengko Désert,c'est-à-dire de la Tartarie voisine de la grande muraille,du JLeao-quatricme ton g A fies Provinces conquises dans la Chine. II nomma des GénérauxKhm - pour commander dans le Pays d’Almalig & de Kashgar, fur le fleuve Amu,& dans les Pays voisins des rivières Irtish, Selinga, Onon, Tula & Ker-lon, & fit camper une grande armée prés de Karakorom. II se fit remet-tre les Sceaux des Mandarins & des Officiers, & publia des Loix pour leGouvernement ( a ).

Conspira - Cependant le Général Mangùsar découvrit une conspiration de plusieursthn en sa- Princes & Seigneurs en faveur d eShelyemen: ce Général fut chargé de lesvur de arrêter , & il leur fit trancher la tête. Abuìghazi Khan rapporte les circonfiSh i ra ' tances de cette conjuration de la maniéré suivante. Peu de tems aprèsmun ‘ l’élevation de Mangû-Khan à l’Empire, Shiramûn QeShelyemen des Chinois)un des petits-fils d ’CJgaâay Khan persuada aux autres Princes de la posté-rité de cet Empereur, qu’il falloit se défaire de Mangû Khan, qui avoitusurpé le Trône sur eux,&.qu’on pouvoit faire ce coup avec peu de risque,parcequ’il ne se défioit de rien. Cette proposition ayant été goûtée, Shi-ramûn prit les devans à la tête de cinq-cens hommes, & quelques chariotschargés d’armes. Mais un des gens de Mangû Khan , qui cherchoitquelques chameaux de son Maître, ayant passé proche d’un endroit où lesConjurés s’étoient arrêtés vers le foir, soupçonna que ces gens pourroientBien avoir quelque mauvais dessein, & alla fur le champ en avertir leKhan. Mangû envoya d’abord mille des principaux Officiers de ses trou-pes avec deux-mille soldats pour aller reconnoître ce qui en étoit. Sbìra-mûn , qu ils trouvèrent, leur ayant dit qu’il venoit avec fa compagniefaire fa cour au Khan, ils les menerent tous à Mangû. Ce Prince commença,par les bien régaler pendant trois jours, mais le quatrième jour, ayantinterrogé exactement quelques-uns des gens de Shiramûn fur le but de leur' Assemblée, & ayant appris par leur propre confession que leur intention étoitde se révolter, il en fit mourir quatre vingt, mais ils pardonna à Shiramûn ,áux enfans de Kayuk Khan , & à tous les autres (b). Le Moine Rubruquìs,qui fait Shiramûn frere de Kayûk Khan , raconte que le complot ayantété découvert de la maniéré qu’on vient de le voir, Mangû Khan fitmourir Shiramûn avec son fils aine & trois-cens Seigneurs Tartares, qui

l’a-

00 Gaubil, p. 109 & àiv. (G Abu'lghazi Khan, p. 380, 381.