DANS LE MOGOLISTAN. Liv. V. Chap. II. 431
Meng-ko pour Empereur; Hu - lyang - hutay grand Général le seconda, fit Sucn onl’éloge de ce Prince,.& dit que les circonstances du rems demandoient 1I -qu’il fût Empereur. L’avis du grand Général fut d’un grand poids. Patû (}e Kayûkparla le dernier, & dit qu’il falloir élire Meng - ko (*). Cela passa â la Khan III.pluralité des voix, & Mengko fut proclamé & reconnu Empereur à Karako. Empereurrom. Les partisans de Shelyemen , animés fans • doute fous main par la àKIo-Princesse Régente, paroissoient résolus de proclamer ce Prince ; mais malgré s ° s ‘ Tles cabales de Shelyemen, des Princes & des Généraux de son parti, sélectionde Mengko fut confirmée dans une seconde Assemblée, qui se tint au moisde Juin, à la source de la riviere de Wanan ou Onon, & fan 1251 estmarqué dans J’Histoire pour le premier de son Empire. C’est l’an duPourceau dans le Cycle duodénaire des Tartares & des Chinois (a). ,
Tel est le récit des Historiens Chinois, voyons ce que les HistoriensOccidentaux rapportent touchant sélection àe Mengko ou Mang - ku Khan.
Suivant Jbulghazi Khan , après la mort de Kayuk Khan les Mongols ba-lancèrent longtems fur le choix d’un Empereur, vu le grand nombre desdescendans de Jenghìz Khan: mais comme Siunkhoktney Beghi J eh an ouSarkutm , la Veuve favorite de Tauîay , Toìey ou Tuli , avoir gagné le cœur desPeuples par ses charités, tous les vœux fe réunifloient en faveur d’un deses fils. Batií fils de Chuchi ou Juji Khan, qui faisoit son séjour dans lePays de Dasht Kìpjak (f) paroissoit à-Ia-vérité être celui que la successionà l’Empire regardoit naturellement; mais n’ayant aucune envie de s’encharger, il invita tous les Princes de la Maison de Jengbiz Khan à serendre auprès de lui, pour procéder à sélection d’un Khan. Les unsrésolurent d’y aller, d’autres refusèrent de le faire, alléguant que sélectiondevoir se faire dans le lieu de la résidence ordinaire des Khans. Mais laVeuve de Tauîay persuada à ses cinq fils de se rendre à l’invitation de Batû,damant plus qu’étant incommodé de ses pieds, il n'étoit que juste qu’ilsallassent lui faire une visite. Batû les reçut avec tous les honneurs ima-ginables, & le jour de l’Assemblée étant venu, il proposa Mangú,fìls ainéde Tauîay , comme le Prince le plus propre à remplir le Trône vacant.
Cette proposition ayant été reçue des Princes & des Grands avec une ap-probation générale, ils convinrent qu’on attendroit la fin de l’année cou-rante , - avant que de procéder à son installation : en conséquence de cetterésolution Mangû fut proclamé Khan dans une autre Assemblée, qui se tintau commencement de l’année 648 de l’PIegire, 1250 de J. C. Après lacérémonie le nouvel Empereur traita magnifiquement pendant sept jourstous ceux qui s’y étoient trouvés, & chaque jour on consuma deux cha-riots chargés de vin , deux chargés d’eau-de-vie, vingt chargés deAumis;trois-cens chevaux, autant de vaches, & mille moutons (h).
CHA-
(a) Gatibìl, p. 105-108. (O Abu'igbazì Khan, p. 379, 380.
(*) Abu'lghazi Khan dit,qu’en rcconnoissance du service que Batû lui avoit rendu danscette occasion, il lui déféra en tout, & fe reposa fur lui dans toutes les affaires de con-séquence; qu’il lui changea ir.ême son nom de Batû cn celui de Saghìn Khan.
(t)C’est-à-dire la plaine de Kipshak : ce qui marque que c’étoit un Pays uni, qui confis-ait principalement en de vastes campagnes.