DANS LE MOGOLÍSTAN. Liv. V. Chap. III. 437
Hu-pi-lay étoit fort aimé & estimé des Chinois, qu’il gouvernoit avec Le régnédouceur; on l’accufa de se rendre indépendant, & on donna un mauvais deMàngûtour à tout ce qui le faisoit aimer des troupes & des Chinois. Mengko ^ han lpr 'commença par le priver de son Gouvernement, & par casser quelques Gé-néraux qui lui paroissoient trop attachés. On nomma des Officiers pour gois.
commander dans la Chine, & des Mandarins pour faire le procès à ceux - —
qu’on trouveroit criminels. Ces Juges se rendirent à Si-ganfu, Capitale js a ^ ru sdu Cben-fi , &se préparèrent à exécuter les ordres de l'Lmpereur. Hû-pi-lay, /à/déconcerté par une disgrâce si imprévue, fe sentit d’abord porté à prendre prévientfales armes, & à se venger de ceux qui la lui avoient attirée. Mais com- di à ra ce.me il ne faisoit rien fans l’avis de Taoshu t ce Seigneur lui conseilla de par-tir incessamment fans gardes ni troupes, d’aìler se jetter aux pieds del'Lmpereur, & de lui offrir ses femmes, ses concubines, scsenfans, &tout ce qu’ií poffédoit de richesses. Hû-pi-lay suivit ce conseil,& s’en trou-va bien. Mengko à la vue de l’humiliatíon de son frere fe sentit ému, sonancienne tendresse pour lui fe réveilla, il f embrassa plusieurs fois en pleu-rant. révoqua tous ses ordres, lui donna plein pouvoir, & le chargea defe disposer à aller faire le siégé de Vû-cbang-fu. Capitale du Hu-quang,
& de marcher ensuite à Hang-cheu , Capitale du Che-kyang & de l’Empiredes Song, & il nomma le Général Cbang-jao pour commander sous lui («).
Pendant que cela se passoit, Hûlyanghotay , après la conquête du Tibet Conquêtesen 1255, réduisit la plupart des Pays qui confinent au Tun-nan; ensuite de m-il entreprit de pénétrer jusques dans le Tongking & dans la Cochinchine , qui h an s-en ce tems-là étoient comprises sous le nom de Royaume de Gannan, IIenvoya des Officiers au Roi de ce grand Pays pour le sommer de payertribut aux Mongols ; mais ayant appris que ses Envoyés avoient été misen prison, il marcha à la Capitale du Royaume, la ruina, pilla le Pays,
& dans le tems qu’il pensoit à se retirer vers Tali, il reçut ordre de Mengkode faire toute la diligence possible pour aller joindre Hu-pi-lay au liege deVû-cbang-fu.
L’armée de Mengko fut divisée en trois Corps, qui entrerent dans le Les fr-Se-chuen par autant d’endroits différens. Les Marchands Arabes, Fer- m defans & autres offrirent à l’Empereur des Pierreries estimées cinq-cens-imlle Mengko.Taels, qui font cent-soixante-six-mille-six-cens-soixante-six Livres sterling,treize fchelings, quatre sols. Mengko les refusa d’abord, & dit que dansles circonstances la monnoye d’argent & de cuivre lui étoit nécessaire;cependant, par considération pour le Général Tfay-tyencke (*), & pourd’autres Seigneurs Occidentaux, il prit quelques pierreries donna del’argent, mais il défendit de lui en offrir à l’avenir. Quand l’armée dé-campa d’auprès de la montagne àeLupan, Poìicha, grand Seigneur Tarcare,fut mis à la tête du premier corps. Mukof rere de l’Empereur,commanda
(<5) GmbH, p. 1 14 & iuìv.
(*) Général Arabe de la famille ou allié de Mahomet, qui «’étoit rendu aux troupe*Jengbiz liban, qui tirent une irruption dans l’Arabie. Garl/il.
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