Buch 
17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
Seite
437
JPEG-Download
 

DANS LE MOGOLÍSTAN. Liv. V. Chap. III. 437

Hu-pi-lay étoit fort aimé & estimé des Chinois, qu’il gouvernoit avec Le régnédouceur; on l’accufa de se rendre indépendant, & on donna un mauvais deMàngûtour à tout ce qui le faisoit aimer des troupes & des Chinois. Mengko ^ han lpr 'commença par le priver de son Gouvernement, & par casser quelques Gé-néraux qui lui paroissoient trop attachés. On nomma des Officiers pour gois.

commander dans la Chine, & des Mandarins pour faire le procès à ceux - —

qu’on trouveroit criminels. Ces Juges se rendirent à Si-ganfu, Capitale js a ^ ru sdu Cben-fi , &se préparèrent à exécuter les ordres de l'Lmpereur. Hû-pi-lay, /à/déconcerté par une disgrâce si imprévue, fe sentit d’abord porté à prendre prévientfales armes, & à se venger de ceux qui la lui avoient attirée. Mais com- di à ra ce.me il ne faisoit rien fans l’avis de Taoshu t ce Seigneur lui conseilla de par-tir incessamment fans gardes ni troupes, d’aìler se jetter aux pieds del'Lmpereur, & de lui offrir ses femmes, ses concubines, scsenfans, &tout ce qu’ií poffédoit de richesses. Hû-pi-lay suivit ce conseil,& s’en trou-va bien. Mengko à la vue de l’humiliatíon de son frere fe sentit ému, sonancienne tendresse pour lui fe réveilla, il f embrassa plusieurs fois en pleu-rant. révoqua tous ses ordres, lui donna plein pouvoir, & le chargea defe disposer à aller faire le siégé de Vû-cbang-fu. Capitale du Hu-quang,

& de marcher ensuite à Hang-cheu , Capitale du Che-kyang & de l’Empiredes Song, & il nomma le Général Cbang-jao pour commander sous lui («).

Pendant que cela se passoit, Hûlyanghotay , après la conquête du Tibet Conquêtesen 1255, réduisit la plupart des Pays qui confinent au Tun-nan; ensuite de m-il entreprit de pénétrer jusques dans le Tongking & dans la Cochinchine , qui h an s-en ce tems-là étoient comprises sous le nom de Royaume de Gannan, IIenvoya des Officiers au Roi de ce grand Pays pour le sommer de payertribut aux Mongols ; mais ayant appris que ses Envoyés avoient été misen prison, il marcha à la Capitale du Royaume, la ruina, pilla le Pays,

& dans le tems qu’il pensoit à se retirer vers Tali, il reçut ordre de Mengkode faire toute la diligence possible pour aller joindre Hu-pi-lay au liege deVû-cbang-fu.

L’armée de Mengko fut divisée en trois Corps, qui entrerent dans le Les fr-Se-chuen par autant d’endroits différens. Les Marchands Arabes, Fer- m defans & autres offrirent à l’Empereur des Pierreries estimées cinq-cens-imlle Mengko.Taels, qui font cent-soixante-six-mille-six-cens-soixante-six Livres sterling,treize fchelings, quatre sols. Mengko les refusa d’abord, & dit que dansles circonstances la monnoye d’argent & de cuivre lui étoit nécessaire;cependant, par considération pour le Général Tfay-tyencke (*), & pourd’autres Seigneurs Occidentaux, il prit quelques pierreries donna del’argent, mais il défendit de lui en offrir à l’avenir. Quand l’armée dé-campa d’auprès de la montagne àeLupan, Poìicha, grand Seigneur Tarcare,fut mis à la tête du premier corps. Mukof rere de l’Empereur,commanda

(<5) GmbH, p. 1 14 & iuìv.

(*) Général Arabe de la famille ou allié de Mahomet, qui «’étoit rendu aux troupe*Jengbiz liban, qui tirent une irruption dans l’Arabie. Garl/il.

Ill 3