DANS LA TARTARIE ET LA CHINE. Liv. V. Chap. V. 503
des, causées par une maladie dont TEmpereur fut attaqué. Ce Prince serétablit, & apprit avec une sensible joie combien les Peuples avoient étéaffligés de le voir malade ; il fit faire de grandes largesses & publier uneamnistie générale. Au mois d’Avril.il alla à son ordinaire à Changtû&au mois de Mai il y eut une Eclipse au Soleil que le Tribunal des Mathé-matiques avoit négligé de calculer ; les membres qui le compofoient fu-rent punis , les uns furent abbaissés à des cegrés inférieurs de Mandari-nat, les autres cassés, & on diminua les appointemens de quelques autres.L’établissement d’un College Impérial à Tatû faisojt grand plaisir aux Let-trés Chinois , mais ils ne pouvoient s’empêcher de témoigner du chagrinde ne pas voir un Palais bâti exprès pour honorer la mémoire de Consu-cius. Alaasun en parla à Tiinur , & ce Prince qui étoit plein d’estime pourle Philosophe Chinois, dont il pcssédoit la doctrine, fit bâtir à.son hon-neur un Palais magnifique, qui le voit encore à Pelring (a).
Jenghiz Khan avoit amené avec lui ,en Tartarie , de Perse., du Khora-san & de la Grande Bukharie un grand nombrç de familles de Mahomé-tans , parmi lesquels il y avoit d’exceliens Officiers ; <St depuis ce tems- làles Mahométans furent toujours très-puissans à.la Cour des EmpereursMongols. 11s avoient des Généraux d’armée, des Corps de troupes de leurReligion, des Chefs de Marchands, des Mandarins dans tous les Tribu-naux, sin'-tout dans celui des Mathématiques,• des Docteurs,& jnême desMinistres-d’Etat. Utuputing fut élevé à cette Dignité au mois'de juillet.
L’Empereur, toujours attentif au bien de l’Empire,envoya en 1303desgens' sages dans toutes les Provinces pour s’informer dé l’état des choses.Une de ses vues étoit de connoître exactement, la mssere des Peuples, Ade découvrir les gens de mérite qui n’étoiein pas employés faute d'argentou de protecteurs. L’Empereur faisant attention auxjnaux qu’avoierjt-oau-sés. les longues guerres qu’on avoit eues avec Hayiu é. : 2 ui j&, nomma desGénéraux pour commander dans* le territoire de.Qiiacheu&.deObacheù(*);il ordonna qufon y fît des magazins pour les troupes, & des logemens pourles soldats en plufieurs endroits entre.Kancheu & Chacheu. Ce Prince sefflisoit aimer de plus en plus, & les Princes Tartares étoient charmés defa droiture, de fa clémence & de fa libéralité.
Le Prince Tnva, rebuté d’une íi longue guerre, assembla tous les L ehgneurs ses vassaux-, & leur déclara qu’il vouloit reconnoître Timûr, dontil fit l’éloge. Chapar , fils aîné de tìaytu,en fit de même, les autres Princesimitèrent cet exemple, & après avoir fait reconnoître Tìmur dans tousleurs Etats, ils envoyerent des Députés à !a Cour pour prier l’Empereurde leur pardonner, & de les recevoir au nombre de ses sujets. Timnr leuraccorda leur demande, &par-là eut la gloire de voir toute la Tartarie réu-
..V. .j c'- • nie
(a) Gaubi'i, p. 228 & suiv.
m Villes au Nord-Estdc la Chiné, çntre Kyayuqmn à ['extrémité occidentale dejagrande muraille, & RhamA ou Hami dans la petite Lultharle. Shacheu est.la Sachium. deM. Polo, suivant le P. Gaulil, qui remarque que les Chinois ont toujours eu garnisonclans cette ville & dans Quacheu, pour couvrir les frontières occidentales,
Le règnede Timûrou Chingt-song.
Ilummniêde Timûr.
Toute laTartariesc soumet.