DANS LA TARTARIE ET LA CHINE. Liv.V. Chap. VIL 513
celles qu’on cultivoit ; ils trouvèrent bien des réformes à faire, & les taxes Le remefurent .réglées fur la valeur des biens. , <feAyyu!il
Au mois de Mars de l’an 1315 Ayyulipalipatci établit l'examen parmi les P a|i 'pataDocteurs, qu’on partagea en deux corps, i’un de Mongols & f autre de î u f nt 'Chinois. L’Empereur les assembla, & les fit composer en sa présence sur foilg *un sujet qu’il leur prescrivit lui-mëme. Trois de chaque corps dévoient L'exmnc»être choisis pour avoir des titres & des récompenses. Cette coutume sub- desLetiresliste encore, mais on ne fait aucune distinction des Chinois & des Tarta- étahli ’res. Les Historiens Chinois ont prodigué à cette occasion les éloges à I3IS 'Ayyulìpûipata , & Je font passer pour le plus illustre Empereur de la Dy-nastie des Toens ; mais ils le blâment de ce que dans le mois suivant il dé-clara un Eunuque Grand Mandarin, après la défense qu’il avoit publiée.
Tyc-mu-tyel , qui étoit un des principaux Mandarins pour les Finances, Effets destrouva à redire aux taxes imposées en 1314, & les augmenta dans les vexati ons.Provinces méridionales ; un de ses premiers Commis, nommé Nichamating,qui étoit Mahométan, fit toutes fortes de vexations dans leKiangsi, <&son avarice le porta à violer les tombeaux dans l’efpérance de s’enrichir. Laville de Kancbeu dans Je Chensi se révolta, & un séditieux y prit le titred’Empereur. Les Grands Mandarins de la Province étouffèrent cette ré-volte dans son origine-, Nichamating fut puni, & l’on soulagea Je Peuple, nonseulement dans le iviangíi,mais aussi dans le Chekyang,le Kiangnan & end’autres Provinces, & voici à quelle occasion.
Au commencement de cette année 1315 l’Empereur envoya des Com- LtdeVap-missaires dans tout l’Empire pour examiner la conduite des Mandarins. II paritknfut que les Peuples du Midi avoient fort souffert des vexations dé plusieurs Ca 'de ces Magistrats, & que la révolte de Kancbeu étoit l’effet de leur mau- mevaise administration. Ayyuïïpaììpata, qui ne craignoit rien tant qu’une guer-re intestine, fut dans de grandes inquiétudes, & elles redoublèrent à 1a vued’une Comete qui parut dans le mois de Novembre. Les Peuples en fu-rent frappés, parcequ’ils les regardent comme destinées à les avertir quele Ciel veut punir l’Empereur (*), & qu’il _a résolu de lui ôter l’Empirepour le donner à un autre qui en soit plus digne. Ayyulipalipaîa , un desPrinces qui a le mieux connu le génie des Chinois, fit publier après l’ap-partion de la Comete une Amnistie générale, & affranchit pour deux an-nées entieres de tout impôt le Provinces de Kiangsi A de Chekyang, quiavoient le plus souffert, & déclara que c’étoic pour les dédommager dutort qu’on leur avoit fait: les autres Provinces (f) furent soulagées à pro-
por-
(*) Les Chinois donnent à l’Empereur le titre de fils du Ciel: les réflexions que les Sa»vans de leur Nation ont faites fur l'origine & fur le sens de ce titre, ont donné souvent oc-casion de tromper les Peuples & de les porter à la révolte ; & les Grands ont plus d’unefois abusé de cette notion de fils du Ciel & des phénomènes céleíìes pour envahir l’Empi-re, prendre les armes ou exciter des troubles. Gaubil. .
(t) Les Commissaires Impériaux trouvçrent dans le district: de fiaocheu , dans le Chaníï,tin Livre, qui est une efpece de Bibliothèque des^ Auteurs, des Livres & des Sciences',composé par Matumlin natif de l.nfmg dans le même district, vers la fln de la Dynastiedes Song. Comme c’étoit un bon Ouvrage, l’Empereur ordonna de 1 imprimer en 1314.
Gaubil.
Tome XVIL Ttt