5 i 6 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHAN
Le régné une grande naissance beaucoup de sagesse, de modestie & de vertu : ayantâe Chote- appris la menace du Ministre elle se fit couper les cheveux, se défigura lepala i» visage, & fit serment de demeurer veuve.
ngt ong^ 'J'jjjjj jg violences indignèrent les Grands, mais ils n’osoient s’en plain-fïokncesfcQ n i L l'Impératrice ni au Prince Héréditaire, qui fut reconnu Empe-du Minif- reur au mo j s âe Mars. Après son installation Tyemutyel devint encoretre ' plus puissant, & pour se venger du sage Limeng son ennemi, il f abaissa& le mit dans une classe inférieure de Mandarins ; il fit auíli abbattre unMonument' de pierre que les Empereurs avoient fait élever à son honneur& à celui de ses ancêtres dans le lieu de leur sépulture. Limeng parut peusensible à fassront qu’on lui faisoit, & i’Empereur fut surpris d’appren-dre que ce Ministre n’avoit pas lâché le moindre mot qui sentît le murmu-re. Cette modération engagea le Prince à prendre des informations fur lesujet de Limeng , & il fit réparer les Monumens de pierre & de marbre ,le rétablit dans ses titres & dans ses emplois, & avertit Tyemutyel de bienprendre garde à f avenir de ne pas accuser des personnes d’une vertu auslireconnue Ça).
Paychft Les médians, qui ont le pouvoir en main, font ordinairement incorri-‘ìïlÉre ëikles. Ce Ministre voyoit avec beaucoup de chagrin que l’Empereur es-timoit extrêmement Paychu , Général de la Garde Impériale. Paycbu des-cendoit du fameux Muhuli par Gantong (*) ; c’étoit un jeune Seigneur sa-vant, brave, bien fait, modeste & irréprochable dans ses mœurs. L’Em-pereur, qui étoit de ce caractère, avoit toujours eu de l’inclination pourPaychu, & cette inclination se fortifioit à mesure qu’il connoissoit les gran-des qualités de son Favori. II résolut enfin de ne rien faire que de lavisde son cher Paychu, & après plusieurs refus l’obligea d’accepter la Chargede Premier Ministre. Ce Seigneur commença son Ministère par faire con-noître à l’Empereur Je tort que lui faisoit Tyemutyel, & ne lui cacha rien dece qui s’étoit passé. Choîepala étoit équitable, & très-sensible sur le poinc-d’honneur ; il fit faire des recherches des maux qu’on avoit soufferts, & ré-solut de les réparer autant qu’il lui seroit possible ; il ne voulut pas encoredégrader Tyemutyel, mais il n’eut aucune confiance en lui, & eut foinqu’il ne maltraitât qui que ce fût; & cependant il fit venir auprès de fapersonne les Princes & les Seigneurs qu’il connoissoit pour les plus sages.Chotepala Ensuite il se fit instruire à fonds des cérémonies qui s’observent au Tem-Temple de P le de . s âêtres, fans dire quel étoit son dessein; mais lorsqu’on y pensoitses and- I e moins, il manda les Princes de fa maison, & leur déclara que dans letres. mois de Novembre il vouloit aller au Palais des ancêtres en habit de céré-monie : les Grands Chinois eurent ordre de faire tout préparer, & on tra-vailla en toute diligence aux habits des Gardes,des Grands, & de tous les
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(a) Gaubìl, p. 250 & suiv.
(*)La mere de P ay c bú étoit une Princesse Je Quclye , de la famille de la Princesse Sar-but n a . femme de Toley . & mere des Empereurs LVIengko & Hu-pì-lay. Elle demeura veu-ve à vingt-deux ans, & ne voulut pas se remarier, ne Rappliquant qu’á bien élever foufils Paychu . Gaubìl.