DANS LA TARTARIE ET LA CHINE. Liv. V. Chap. VIII. 517
Officiers. Cette nouvelle causa une joie générale parmi les Chinois. L’Em- Le régnspereur & les gens de fa fuite parurent dans les rues à cheval vêtus magni- de Chote-fiquement: le Peuple fut charmé quand, h remarqua qu’on ne l’empêchoitpas de voir l’JEmpereur, les rues retentiílbient d’acclamations, & on ver ng 3S ‘ ,soit des larmes de joie. Chotcpala é toit le premier des Yvens qui eût fait -Cette cérémonie, & personne ne 1 avoit vue: on fut charmé de l’air degrandeur de ce Prince, qui étoit en même tems populaire; & jamais Mo-narque n’a reçu de ses sujets plus déloges & de vœux íìnçeres,que Chote -tepala en reçut dans cette occasion. . On savoit que Paychu avoit conseilléà f Empereur de faire cette cérémonie; le Palais de ce Seigneur étoit con-tinuellement rempli de Grands & de Lettrés Chinois ; le Peuple le sélici-toit hautement dans les rues, & tant d’honneurs faits à Paychu cauferentun chagrin mortel à Tyemutyel. On avoit déja publié une amnistie géné-le dans tout l’Empire, & de Tatû la joie fe répandit dans toutes les Pro-vinces : les Chinois & les Tartares fe promirent tout du régné de Chotepa •la, dont la premiere année fut fan 1321.
Ce Prince, que les Chinois appellent Ingtfong, airaoit la chasse, & il ll profitepensa au commencement de Tannée 1321, à aggrandir les lieux destinés ^ àsà cet exercice aux environs de ChangtÛ; il vouloir faire bâtir de distanceen distance des Palais, des écuries , & des. logemens pour les gens quiscrvoient à-la chasse. Paychu, quoiqu’il T aimât aussi, représenta à TEm-pereur que cela ne pouvoit se faire sans de grandes dépenses & fans in-commoder les Peuples. Chotcpala renonça alors à son dessein, & protestaqu’il ne vouloir penser qu’à soulager l’Empire. Au mois d’Avril on décou-vrit qiiA/an (*) & plusieurs autres grands Seigneurs avoient- tramé uneconspiration ; & de Tavis de Paychu & de Tlmpératrice ayeule de TEmpe-reur ils furent condamnés à mort & exécutés. Tyemutyel, qui sc soute-noit par le crédit de Tlmpératrice mere, fit releguer le Prince Tutemur,second fils de TEmpereur Iiayshan, à Kungcheu (f), Capitale de TJsle deHaynan. A la fin de Tannée TEmpereur crut qu’il étoit de son honneurde faire des préscns magnifiques au Lama qui avoit été son Maître, & quis’en retournoit dans !e Tibet (a).
Chotcpala , qui étoit fort attaché au Culte de Fo, fit bâtir au commen* Cenfenncernent de Tannée un magnifique Temple à ce faux Dieu, dans les mon- iuéutagnes qui sont à TOuest de Peking. Pendant que l’ouvrage s’avançoitplusieurs Censeurs de l’Empire firent à TEmpereur des représentations très-vives. Ce Prince, contre fa coutume, sc mit en colere, en fit mourirquelques-uns, & exila les autres. Un des plus illustres de ceux qui perdirentla vie étoit Soyaoel Hatìmishi (j), natif de tìanù ou Kamil dans la petite
.Buk-
(a) Gaubil, p. 251 & sulv.
(*j Cet Afan paroit être celui dont parle le P. Cauhìi dans une note p. 249: c’étoítun Etranger d’Occident fort entendu dans les affaires, & un des principaux Ministres.
(f) Suivant l’observation du P.Du Tertre,h Latitude de cette ville est de 20°. o'. 37",& elle est environ de trois degrés plus Occidentale que Canton. Guubil.
(|) Sou grand-pere au quatrième degré étoit Officier fous Jmjhiz Kban , & suivit cePrince au premier siégé de Peking, & ensuite dans ses autres.expéditions. Son trisayeui,son bisayeul, son grand-pere & son pere furent tons des Officiers illustres, C 'aubìl.
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