Section
I
TroublesG? Révol-tes , fousTouhan-temûr ouChunti.
Décision
d’une
Question.
Conspira-tion de
Tankishi.
53Z . SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHAN
sortes d’endroits ; ils ont mis ses fautes & ses défauts dans tout leur jour ;ils ont marqué exactement les famines, les inondations, les maladies épi-démiques, les tremblemens de terre, les chûtes de montagnes, les Comè-tes, les Eclipses, & autres choses qu’ils ont cru propres à faire voir quel'ouhan-temur ne devoit pas jouir de l’Empire , & que ce fut avec justiceque les Ming ou Ta-ming l’enleverent aux Mongols (s).
Au mois d’Octobre on décida une question, qui exerça tous les LettrésChinois. ' Plusieurs Impératrices, & entre autres Chingko premiere femmede Hayshan , n avoient point de tablettes auprès de celles des Empereursleurs époux, fous prétexte qu’elles n’avoient point eu d’enfans, tandisqu’on voyoit les tablettes des Princesses, qui n’étoient que secondes &troisièmes femmes des Empereurs, parce qu’elles avoient eu des enfans,honorés ensuite du Titre d’Empereur. Les Meres d cHoshila & àzTntcmuravoient leurs tablettes, & on les y traitoit d’ímpératrices, quoiqu’elleseussent vécu en même tems que Cêr»§ 6 o, qui étoit la premiere femme, &qui avoit le rang <3í le titre d’Impératrice. _ Un des Grands Mandarins,consulté par Peyen , répondit que Chingko , quoique sans enfans, devoit jouiraprès fa mort des honneurs d’Impératrice, à que c’étoit une indécenced’honorer comme Impératrices celles qui réellement n’avoient été que con-cubines. Un autre Mandarin, ennemi de celui qui parloit en faveur deChingko, cita l'exemple de Taytfong, Empereur de la Dynastie des Tang,qui donna, dit-il, à deux Dames le Titre d’Impératrice. Le Mandarinqui vouloir que Cbingkçfc ule eût des tabl.ettes, ne fut nullement embarassé jau-!ieu de développer le trait d’Histoire cité par son adversaire, il remontajusqu’à l’Empereur Tao , & assura que ce Prince ne mit pas la tablette defa mere auprès de celle de Tiko son pere, parcequ’elle n’étoit pas Impéra-trice. Tout le monde applaudit à cette réponse. Peyen récompensa le Man-darin , & Chingko eut sa tablette près de celle de Hayshan son mari.
La mort de Satun frere de Yentemur , qui arriva en 1335, fut i'occasionde la perte de son illustre & puissante famille. Tangkiski s’attendoit à êtrerevêtu d’une bonne partie des grandes Charges de íbn oncle, & tout futdonné à Peyen , qui se vit par-là le premier Seigneur de la Cour. Tangkishi ,Prince d’un naturel fier, & peu réservé dans ses paroles, le plaignit hau-tement de l’injustice qu’on lui faisoic, & fit valoir plus qu’il neconvenoicles services que ses ancêtres avoient rendus à fEmpire; il parla en mêmetems de Peyen avec mépris, disant que ce n’étoit pas un homme qui mé-ritât une si grande élévation ; & de concert avec Talyentaìi son oncle pa-ternel prit des mesures pour mettre fur le Trône Vanghotemur, fils du Princerebelle Sìlïki , tué en Tartarie du tems de Hu-pi-lay. Talyentaìi avoit re-fusé plusieurs fois d’obéir aux ordres qu’il avoit de lè rendre à la Cour. Laconspiration qu’on tramoit fut découverte par un Prince du Sang , 6cPeyen fut chargé d’arrêter les Conjurés. Au mois de Juin Tangkishi cachaune troupe de soldats à l’Est de la ville de Changtû, où étoit alors la Cour,& le 30 du mois il devoit attaquer le Palais de tous côtés. Peyen Je pré-vint
(a) Qauhil , I-Iist. de Gentcbifc. p. Sfo & là