Section
I.
Troubles& Révol-tes, fousTouhan-temûr ouCinmti.
Histoires
achevées.
J343-
Honneursrendusaux An-cêtres .
53 6 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHAN
ci-devant fait boucher ; mais l’avis de Toto l’emporta. Cependant le fable& le vase rendirent bientôt le canal inutile, comme le Mandarin l’avoicprédit, & la crainte des inondations le fit fermer une seconde fois. Onrapporte que cette année on offrit à l’Empereur un cheval du Royaumede Fûlang , par où l’on désigne fans-doute l’Europe, long de onze piedssix pouces, haut de six pieds huit pouces, le corps noir avec des tachesde différences couleurs, & la corne des deux pieds de derrière blanche.Le présent fut estimé.
Hu-pí-lay, dès le commencement de son régné, ordonna de mettre enordre les mémoires pour l’Histoire des Lcao & des Kìns ; & après la des-truction de la Dynastie des Long, il fit auffi travailler à l’Histoiré de cetteDynastie. Cependant, malgré les ordres de ce Prince & ceux de ses Suc-cesseurs , ces Histoires ne s’achevoient pas. En 1343 , Toto fils de Machar-tay , Tìmurtash fils de Toto Prince de Kangli, Gbeu-yang-suen Historien del’Empire, natif de Changcha dans le Huquang, Cbangkiyen , Lutsecheng ,Kyehitse, & d’autres habiles Docteurs furent nommés pour ce grand Ou-vrage, qui fut enfin achevé fous Touhan-temûr ; chacune des trois Dynas-ties eut l'on Histoire à part. Gheu-yang-suen eut la meilleure part à ce qu’ily a de bon dans cet Ouvrage. Outre les Annales des Empereurs de cestrois Dynasties, il y a des Chapitres séparés, qui contiennent les diversCalendriers, les Méthodes Astronomiques,& les Observations du Tribunaldes Mathématiques. On y voie un ample Catalogue des grands hommesde la Dynastie avec le précis de leurs actions, & c’est-là qu’on voit lesOuvragés que les Savans d u tems ont faits. On y rapporte ce qu’on sa-voir de Géographie étrangère, & on y voit d’amples descriptions des Payssoumis aux Princes dont on fait l’Histoire, ou qui leur étoient tributaires.L’Histoire des Long est accompagnée outre cela d’une espece de Biblio-thèque Chinoise, & on y voit sous diverses classes les Livres écrits à laChine fur toutes sortes de sujets (*). C’est de ces trois Histoires que le'Nyenitse & le Tsupyen , insérés dans le Tong-kyen-kang-mû , ont pris la meil-leure partie de ce qui y est rapporté des Dynasties des Leao, des Kin, <&des Song.
Au mois d’Octobre de cette année l’Empereur Touhan-temûr alla au Pa-lais des ancêtres honorer les Princes de fa famille: quand il fut devant latablette de Ningtfong ou IUnchipìn, son frere cadet, il eut de la peine àse mettre à genoux. Les Grands Mandarins Chinois lui rapportèrent l’exem-ple des deux freres Hi &Min (f), Comtes du Pays de Lu dans le Chan-tong, & lui dirent que Hi , quoique l’ainé, ne se dispensa pas de faire lacérémonie à son cadet, qui a voit régné avant lui. On appuya ce traitdhistoire par une raison: Sire , dit un Mandarin, vous rìétiez que sujet quandvotre frere étoit Empereur : or un sujet doit se mettre à genoux devant son Souverain.
La
(*) Le P. Gaubil ne parle point d’une infinité d’antres points traités dans ces Histoires,parcequ’il avoit dessein d’en parler ailleurs.
(t) Hi & Min font du nombre des douze Princes de lû, dont Confucius a écrit les An-nales ; c’est le Livre intitulé Chur.-tsy u. Gaubil.