DANS LA TARTARIE ET LA CHINE. Lîv. V. Ciïai». XII. 539
„ pris la doctrine de Fo". Ce Discours révolta contre le Prince tous les SectionLettrés & les Docteurs Chinois, qui n’eurent jama'is qu'uné idée peu avan- Ltageufe de lui, le jugeant trés-peu propre à gouverner leur Pays, parce- £ r ^ g fqu’il ne vouloit ou ne pouvoit comprendre les Livres, qui selon eux sont f íS s 0 l° s 'íi propres à apprendre à bien, gouverner (a). . , . Touhan-
Ama & Suefiiè , deux freres natifs du Pays de Kangli étoient alors très- temûr oupuissans à la Cour, & quoique fort décriés par le dérèglement de leurs Chuntî.mœurs ils a voient les entrées libres au Palais de l’ímpératrice Ki, où on procédéles voyoit continuellement. Les Censeurs de l’Empire & les Grands Chi- arbitrai-nois blâmèrent hautement une pareille conduite, & deux entre autres s’enplaignirent à l’Empereur. Ama aigrit i’esprit de l’Impératrice par des rap-ports artificieux: cette Princesse porta ses plaintes à Touhan-temûr , & de-manda qu’on punît les deux Mandarins, comme des calomniateurs qui en-treprenoient de noircir fa réputation. L’Empereur irrité relégua les deuxMandarins, & l’un mourut dans le lieu de son exil. Cette conduite paruttyrannique aux Chinois, parceque les Mandarins n’avoient fait que leurdevoir. Ama, qui joignoit à beaucoup de mauvaises qualités celle d’êtredébauché à l’excès, passoit pour être celui qui contribuoit le plus à cor-rompre l’Empereur , qu’on voyoit donner dans les plus grandes débau-ches , abandonner entièrement le foin des affaires, & donner toute fa con-fiance à des gens fans honneur, fans capacité, & fans mœurs.
Les résolutions qu’on prit en 1351 fur le nouveau cours qu’on avoit pro* Le projetposé de donner au Whangbo (*; ou Riviere jaune, augmenterent considéra- touchantblement les troubles & le mécontentement. Kialu , dont nous avons par- /*Whan-.lé,appuyé de Toto, avoit persuadé à l’Empereur de faire passer commeautrefois le Wbangho par le Pays de Taymingfu dans le Pecheli, & de le hkufaire décharger dans la Merde Tyen-tjìn-noey. En attendant Chengt/un ,Président dut Tribunal des Ouvrages publics, étoit allé avec des Mathéma-ticiens de Kayfongfu Capitale du Honan à Tamingfu, & en d’autres lieux;
& après avoir examiné & nivelle le terrein il assura que l’ancien lit qu’onvouloit creuser de nouveau étoit impraticable, qu’on feroit trop de dé-pense, & que le Chantong feroit ruiné. On se servit de toutes fortes demoyens pour faire changer le Président d’opinion, il répondit qu’il mour-roit plutôt que de dire le contraire de ce qu’il penfoit dans une matière decette importance, & qui intéressent fi fort le Lien public. Chengtfun futdonc dépouillé de fa Charge, qu’on donna k Kialu, & on ajouta aux Titresde Toto, son protecteur, celui de Targhan («).
Les travaux que l’on fit pour le Wbangho ruinèrent une infinité de gens,firent imposer de nouvelles taxes^ & les Paysans ne pouvoient souffrir devoir prendre leurs Terres, & d’être transportés ailleurs. Le mécontente-ment devint général, & dans toutes les Provinces différons Chefs de parti
ani-
(íí) Gaubil, p* 281-284» Idem, p. 284,285*
(*) A cette occasion le P Gaubii fait l’Histoire des divers changemens arrivés dans lecours du PFhatì^bo depuis les plus anciens teins. Le détail qu’il en fait est tiré des AuteursChinois.
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