Chunti.
Cas singu-lier.
538 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHAN
Síction de voir encore à la Cour ses freres, ses fils & ses petits-fils. Un autre1. Mandarin pria l’Ëmpereur de priver des Honneurs & du Titre d’impératriceTroubles i a princesse /fr, qui étoit Coréenne ; & à laquelle il avoit donné ce Titre,quoique la Princesse de Hongkila fut vivante (*). Le Mandarin cita pourTouhan- appuyer fa demande un Ecrit de Hu-pi-lay, dans lequel il faiíoit iér-temûr ou ment de ne s’allier point avec les Coréens. L’Empereur aimoit passion-nément la Princesse Ki, qui étoit mere du Prince qu’il destinoit à êtreson successeur, & tous les enfans qu’il avoit eus de la Princesse de Hong-kila étoient morts. II rejetta les placets des deux Mandarins.
L’an 1349 Tay ping , Seigneur fort sage & modéré, étoit à la tête des af-faires. Comme il étoit intégre il ne pouvoit souffrir de voir l’innocenceopprimée, & malgré les obstacles qu’il rencontra il demanda & obtint lerappel de Toto. Ce Prince rentra dans le Ministère, & ignorant l’obiiga-tion qu’il avoit à Tayping y il fe joignit aux ennemis de ce Seigneur pourl’accufer. Tayping fut dépouillé de ses Emplois, & fes accusateurs vou-íoient pouffer leur fureur plus loin, lorsque la mere de Toto menaça sonfils de le renoncer, s’il ne cessoit fes poursuites, en lui disant que Taypingn’étoit point coupable, & ne lui avoit fait aucun mal. Toto , quiaimoit tendrement sa mere,&n’avoit garde de lui donner du chagrin, cessad’accufer Tayping. Quelque tems après il apprit les obligations qu’il avoità ce Seigneur, & il fut sincèrement affligé d avoir fait tant de mal à sonbienfaiteur. Un ami de Tayping lui ayant conseillé de se tuer, il lui ré-pondit; je n'ai point commis de faute; me tuer ce seroit m'avouer coupable ,laissons faire le Ciel (f). II se retira kSiganfu dans le Chenfi avec fa famille.Le jeune L’Empereur íouhaitta que son fils apprît les Caractères Chinois, & la
Prince en- Littérature de la Chine. Toto , qui étoit très-habile, fut choisi Surintendantttemi de ^Education du Prince , & Lihaoven fut nommé son Précepteur ; onchoisit aussi quelques Lamas, pour instruire le Prince dans la Doctrine &les Uvres de Fo. Lihaoven le donna beaucoup de peines pour son Eleve,il fit un abrégé de l’Histoire Chinoise jusqu’à son tems, des abrégés desLivres Classiques, des réflexions fur les causes de la ruine des Dynasties »& autres Traités dans le goût Chinois, propres selon eux à former un Prin-ce au Gouvernement. Mais le Prince avoit peu d’inclination pour les Scien-ces, & étoit porté au Culte de Fo ( 4 ); il étoit ennemi du travail, &l’étude des Livres Chinois demande beaucoup d’application. Tout ce quelui disoic son Précepteur lui paroissoit obscur, plein de verbiage & fortinutile. Un jour il dit en présence de Lihaoven , „ Qu’il n’avoit encore„ rien compris à ce qu’il difoit, au - lieu que dans une nuit il avoit com-
,, pris
félude.
(*) Touhrm-tcmûr eut trois femmes, qui portoient en même tems le Titre d’Impératri-ces ; & il n’eut aucun égard á Tordre de Tutemûr , de ne donner ce Titre qu'à une feule fem-me. Gaubil.
(t) 11 parloit de TEmpereur. que les Chinois appellent Fils du Ciel ; ils croyent que laPuissance Impériale vient du Ciel. & qu’il faut obéir à fes ordres, comme á ceux du Ciel.Gaubil.
(j) Ce Prince pnrolt avoir été d’un autre caractère qn’/îyyeusbilitaia, Prince héréditairedont il est parlé plus bas; mais comme le Prince dont il est parlé ici n’est point nommé,nous ne pouvons rien décider.