DANS LA TARTARF ET LA CHINE. Liv. V. Chap. XII. 543
sort estimé des Myaotse; quand il apprit la révolte de Tsucbeuhey, il en- Sectionrolla cinquanre-mille de ces Montagnards, & se rendit avec eux à Lucheu I.ville du Kiangnan. Une armée de Myaotse au cœur de la Chine étoit un cï's i/j/e , Sobjet fort odieux, & sur les représentations de Yuque, qui avoit ordrecommander les troupes dans cette Province, ils furent congédiés. Ce Man- Touhan-darin fit fortifier extrêmement la ville de Ganking sur le Kiang, & il se temûr ou-soutint au milieu des rebelles; car en ce teins-là la plus grande partie duCdumi.Kiangíì étoit entre leurs mains. Le Général Singki ayant rassemblé des ltroupes prit Kyeukyang & Hukeu , il marcha ensuite aux rebelles, qui pil-loient tout sur les rivières, mais ayant été enveloppé & blessé d’un coupde fléché il fut fait prisonnier. Singki avoit la réputation d’être un hommede bien & un héros. Auffitôt que les Rebelles lurent son nom, ils se mi-rent à genoux, & lui offrirent à manger ; ils le traitèrent pendant septjours dans une hutte avec toute forte de respect, & ils étoienc bien fâchésde ne pouvoir le guérir. Ce Général voyant que fa fin approchent, fitun effort pour se lever, & après avoir fait une révérence du côté duNordil expira. Cela se passa dans le mois de Novembre. Singki étoit d’une an-cienne famille de Ninghya dans le Chenil, & avoit rendu de grands servi-ces à l’Empire.
Toto avoit des obligations à Ama, & devenu Premier Ministre il le fit Amaentrer dans les Affaires, & nommer Ministre-d’Etat. Ama , appuyé du cré- Mudit de l’Impératrice Ki , se rendit peu à peu indépendant de Toto , & acheva 1353.de corrompre entièrement Touhan-temur. 11 introduisît dans le Palais dejeunes débauchés & des Lamas du Tibet, qui joignoient à un cœur dé-pravé un esprit imbu de superstitions & plein d’idées de Magie & de Sor-tilège, dont la fuite étoit le libertinage. On persuada à l’Empereur qu’ilseroit au comble du bonheur s’il s’exerçoit à leur Art abominable, qu’ilsappelloient Yensher & Pimi (*). Ce malheureux Prince, insensible aux mauxde l’Empire, & à la ruine de sa Dynastie, ne songeoit qu’à se perfection-ner dans l’Árt que les Lamas lui enseignoient. Tous les Tartares & lesChinois qui s’intéressoient au bien del’Etat, gémjssoient de voir ce Princese livrer dans son Palais à toutes sortes de débauches, dans la compagnieà'Ama , de Suefué son frere, de Tolotemur son beaufrere, & de plusieurs au-tres Seigneurs «St des Lamas. Ayyeushiluata , fils de sEmpereur &. de Fini-pératrice Ki, ne voulut jamais entrer dans les parties de débauche de sonpere, mais ce fut envain qu’il tenta de chasser les Lamas de la Cour.L’Histoire dit à cette occasion, que quand on auroit mis les os d 'Ama enmille pieces, on ne l’auroit pas assez puni étant la premiere source du mal.
Depuis quelque tems les Pirates enlevoient tout ce qui venoit par mer, Il supplan-te. Tatû souffroit beaucoup. Pour remédier au mal Toto fit, venir un grand te Toto *nombre de Paysans du Sud , & leur donna des outils, des bestiaux & del’argent. Sa vue étoit de faire semer du ris dans les Pays voisins de laCour , & de se passer des provisions qui venoient auparavant par mer ;mais cet expédient ne répondit pas à l’attente de Toto; le désordre fut plus
grand
(*) La signification de ces deux mots étoit inconnue au P. CaubiU