DANS LA TARTARIE ET LA CHINE. Liv. V. Chai*. XII. 549
Grands conseilloient à l’Erapereur de se retirer, & de transporter Ja Cour Sectionailleurs; le Ministre Taiping s y opposa, & on fit venir des troupes de tous II.côtés. Lieu Karapuivha attaqua les ennemis à quelques lieues de la ville, àEàles défit, & contraignit Maoquey qui les commandoit de se retirer à Tfi- í Chù ° unanfû. Taypimha,Gé néral Tartarede sillustre famille deHongkila, étoit &c.dans le Pecheli ; il refusa de recevoir les ordres de Taiping , dont il étoit — > ..ennemi ; ce Ministre l’accusa de négligence dans le Service, & on le con-damna à la mort.
Chu se faisoit admirer dans les Provinces méridionales ; à la tête de cent- Succès demille hommes il prit au mois de Décembre Ucheu (*), & ayant assemblé Chû.ses Généraux on conclut de ne massacrer ni de piller. Tandis que ce Chefde parti (f) prenoic de bonnes mesures pour se maintenir dans le Midi,Oiianjy.nfcng , un des Généraux des Song, pénétra dans leLeaotong, pillaLyaoyang , & marcha vers la Corée. A son retour il attaqua & prit Chang-tu , & brûla cette belle ville avec le magnifique Palais que 1 Empereur tìu-pi-'lay y avoit fait bâtir. Un grand Mandarin présenta là-dessus un Mé-moire à TEmpereur, dans lequel il exhortoit ce Prince à réformer ses mœurs& à suivre la Loi du Ciel (H- On loua le zele du Mandarin, & ce fut toutle fruit de son Mémoire, L’amour du plaisir avoit rendu Touhan-temûr in-sensible aux maux de l’Empire,& il est peu d’exemples d’unPrince st puis-sant , auslì peu touché de la perte de ses Etats.
Maoquey , un des principaux Généraux des Song, fut tué au commence- A- partiment de l’année 1359 par un Chinois dans le Chantong. Plusieurs Officiersqui avoient servi sous lui, vinrent exprès deLeaotong pour venger fa mort& tuer l’assaffin. Ces meurtres mirent la division dans le parti des Song, dqui depuis ce tems-là s’affoiblit de jour en jour. \
Peyen-pûwhatekin , Prince Igur, descendant d ’ltugû ou Jâikût,. dont ona parlé dans l’Histoire àç. Jenghiz Khan ì con\vn'màoït en 1358 à Kûcheufu,place considérable duChekyang. Lorsque ce Prince, qui étoit brave,sutque Sìncheu , aujourd’hui Quangfinfû dans le Kiangsi, étoit assiégée, il mar-cha au secours de cette place. Quand il approcha Tafingnû Prince duSang,
& le Général Hayîûting qui étoit un Etranger d’Occident, vinrent au de-vant de lui, & lui cédèrent le commandement; & malgré Chen-yeu-lyang ,qui assiégeoit la ville, il y entra avec ses troupes; & après avoir visitétous les postes il fit serment de la défendre, jusqu’à la derniere extrémité.
Tashingnu , Hayîûting & les autres Officiers en firent autant, tant la belle
dé-
(*) Nous conjecturons que c’est Ucheusú fur la frontière orientale du Quangíî, maisnousn’en avons point de certitude ,-parce que nocre Auteur n’est pas exact à ajouter S der-niere syllabe, qui sert à distinguer le rang des villes, coinme nous venons de le remarquer.
' (j) II est remarquable que Chû n’est nulle part qualifié de rebelle, comme les autresChefs de parti, & ses partisans ne font point appellés rebelles, parcequ’il fut heureux; lesChinois le regardent comme leur Libérateur , qui les a affranchis du joug des Mongols.
(i) Par la Loi du Ciel on n’entend ni les Livres sacrés de Fo, ni aucune autre révéla-tion • car les Lettrés Chinois, qui suivent la doctrine de Confucius , leur grand Philosophe,ji’enreconnoissent point: mais par la Loi du Ciel on entend ici celle de la Nature, quiest proprement la Religion de la Chine, & dont l’Empereur & tous les Officiers tant Ci-vils que Militaires doivent être par la constitution de ce vaste Empire.
Zzz 3