Histoiredes Mon-gols de-puis leurexpulfionde la Chi'ne &c.
1550 .
I
II cejfentde fairedes irrup-tions.
1582.
D vien*rent Vas-saux desMant-diéous.
566 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHANnée suivante il se disposoit à se retirer dans ' le Kiangnan ou dans le Che-kiang: ses Ministres lui présenteront de nouveaux placets, ils lui repré-léntoient que les Tartares ou Mongols ne manqueroient pas de regarderce voyage comme' une fuite honteuse, qu’ils en deviendroient plus, fiers 8cplus ìnsolens, & que son absence leur ouvriroit la porte des Provinces Sep-tentrionales : mais il ne fut pas moins opiniâtre qu'il l’avoic été j’autre fois,& ne renonça à son projet qu’à cause d’une inondation subite qui arrivaalors, & qui lui parue de mauvais augure. Cbi-tfong ,ou Kia-tfing son suc-cesseur, répara la grande muraille qui sépare la Chine de la Tartarie; cequi n’empêcha pas qu’en Tannée 1550, la vingt-neuvieme de son régné,les Tartares ne Rapprochassent de Peking avec une armée de foixante-mil-le hommes ; mais elle fut taillée en pieces, & plus de deux-cens de leursOfficiers furent faits prisonniers. L’année suivante le Roi Tartare envoyaun Ambassadeur pour demander pardon à l’Ëmpereur, & pour le supplierde permettre à ses sujets l’entrée de ses Etats pour y vendre des chevaux.Cbi-tfong y consentit d’abord, mais ayant éprouvé dans la fuite que cettepermission étoit une semence continuelle de querelles entre- les Manda-rins & les Marchands, 8 c que souvent elle causoit des révoltes, il défenditabsolument ce commerce.
Vers fan 1560 Lieu-h an, Général de F armée Chinoise, passa la grande mu-raille; au bruit de son arrivée les Mongols prirent la fuite, 8 c allerent secacher dans leurs forêts ; desorte qu’il n’y en eut que vingt-huit de tuésdans cette expédition, & le Général Chinois n’amena pour tout butin quecent-foixante-dix chameaux. En 1574, la seconde année de Chin-tfongou Van-lìe , onzième Empereur de la Dynastie des Ming, les Mongols fi-rent une irruption dans le Leaotong, mais ils furent défaits à platte coutu-re ; 8 c en 1582. Lìching Général Chinois les défit encore,& leur tua dix-mille hommes. L’année suivante les rivières qui furent glacées leur faci-litèrent leurs excursions fur les terres de l’Empire, 8 c quoiqu’ìls vinssenten grand nombre les troupes Chinoises les taillèrent en pieces. Dans lafuite, dit-on, les Mongols, que les Chinois appellent Tartares Tan j u ouOccidentaux,demeurèrent tranquilles dans leurs terres, & cesserent d’in-quiéter l’Empire , tandisque les Mtmchêous , que les Histoires Chinoisesnomment Tartares Orientaux &. Niu-cbe, ou Nu-che commençoient à se fai-re redouter, & parvinrent enfin à subjuguer les Mongols & les Chinois (a).
Si les successeurs de Tong-lo avoient vigoureusement poursuivi ce qu’ilavoit commencé, ils auroient pu réduire entièrement les Mongols fous leurobéissance;mais ayant ou négligé cet objet,ou n’ayant agi que mollement,ces ennemis de la Chine reprirent courage, 8c se répandirent de côté &d’autre. Les Princes du sang de Jcnghìz Khan occupèrent chacun un Paysparticulier,& formerent des Hordes différentes, qui toutes devinrent au-tant de petites Souverainetés. Le Titre d’Empereur des Mongols demeuraau principal de ces Princes,qui s’appelloit Tchahar Khan ou Han , qui def-cendoit par la branche aînée de l’Empereur Kubìay ou Hu-pi-lay. Les au-tres
(«) Couplet , mon. finie, p. 81. Du Halde T. I. p, 449 & fui y.