DANS LA TARTARIE SEULE. Liv. V. Chap. XIII. 569
Ce Lama, nommé Tfing-chung-tumba (*) Kbutukîu , avoir été huit ans dis- Histoireciple du Grand Lama du Tibet,& il s’étoic rendu fi habile à cette école,^' sMon 'qu’il voulut être indépendant, prétendant être avec autant de raison unî'o vivant que son Maître. 11 avoir si bien trompé ces Kalkas, qu’il s’en expulsionfaisoit adorer comme une Divinité; son frere même alloit régulièrement à de la Chi-certains jours lui rendre les mêmes adorations qu’on a coutume de rendre ne & c -aux idoles; il lui cédoit le pas en toute occasion, & le laiíToit maître ab- omutiltlusolu de ses Etats. C’est proprement ce prétendu immortel, qui par son Khìnuk-orgueil & sa mauvaise conduite a été cause de la destruòbion de sa famille tu.
& de l’Empire des Kalkas. Tchafaktou Khan (f) , voyant qu’on resusoit delui restituer ses biens, contre ce qui avoir été arrêté à l’Aísemblée des Etatsdes Kalkas, envoya des Ambassadeurs au Grand Lama du Tibet pour îeprier d’interposer son autorité auprès de Tuchetou Khan & du Lama son fre-re, afin de lui faire rendre ses biens. Le Dalai Lama envoya un de sesprincipaux Lamas aux deux freres, mais cet Envoyé s’étant laissé gagnerpar des présens, se contenta des belles promesses qu’on lui fit. Tchafak-tou n’espérant plus de justice de ce côté-là, envoya son second fils à l’Em-pereur de la Chine, pour le supplier de prendre ses intérêts en main. Ence tems-là tous les Princes Kalkas pour avoir la liberté du Commerce à laChine, envoyoient à Kang-hì un chameau & neuf chevaux blancs par for-me de tribut, quoiqu'ils ne s’acquittassent pas fort régulièrement de ce de-voir. L’Empereur fit partir un Ambassadeur vers le Dalai Lama , pourl’engager à envoyer au tems qu’il lui marquoit une personne de considéra-tion dans le Pays des Kalkas , & il promettoit d’y envoyer en même temsun Grand de fa Cour, afin de disposer ces Princes à un accommodement& de prévenir la guerre ( a).
Cependant Tchafaktou mourut ; son fils aine, qui s’étoit lié avec Kaldan /‘PmllétRoi des F.luths , dont il étoit voisin, lui succéda & sur fait Khan. LesEnvoyés de l’Empereur de la Chine & du Dalai Lama s’étant rendus au-près de Tuchetou Khan , on convoqua une seconde fois les Etats des PrincesKalkas. L’Envoyé de l’Empereur,nommé Argnì (j),étoit le premier Pré-sident du Tribunal des Mongols, qui est à peu près du même ordre que lessix suprêmes Tribunaux de Peking. Comme l’Envoyé du Grand Lama (j)reprélèntoit son Maître, personne ne lui disputa le pas, à l’exception dufrere de Tuchetou Khan (§) qui étoit aussi Lama, & se disant Fo vivant
00 Du Halde , T. IV. p. 54 — 57 .
pré*
(*) Son nom se trouve différemment écrit dans les relations du ?. Gerhillon, toutes lesfois qu’on l’y rencontre, comme Chepzuin-tamba, Chempstn-tamba , & Chunpcmn-tamha.
(f) II paroît par-là que le fils avoir le même nom que le pere, ou que Tchafaktou étoitun nom générique dans cette famille, qui pasloit de l’un à l’autre avec le Titre de Khan.
(j.) Beniink , dans ses notes fur l’Histoire à' Ahu'lghazi Khan . l’appelle Averna Akayba.[Je n’ai point trouvé dans le François de cette Histoire ce qu’on en cite ici, & dans lesnotes suivantes: tontes mes peines ont été inutiles. Rem. d u Tr a d.]
(J) C’étoit fans-doute un Lama, mais Bctitinh dit qu’il étoit le Bava ou Tipa du Ti-bet; c’est le Viceroi du Grand Lama, qui gouverne le temporel.
(§) Bentink l’appelle Z ain ou Zuzì Khan , Prince des Mongols, par lesquels il faut en-tendre les Kalkas Mongols. Zuzi est le même nom que Juji & Tuihi.
Tome XVIL C c c c