DANS LA TARTARIE ET LA CHINE. Lrv.V. Ciup.XIII. 579
de rentrer dans le Désert. Mais ils connoissoient dans cette solitude cer- Histoire 'raines vallées fertiles, qui font cachées par de hautez montagnes de l’Ouest <*sM° n *à l’Est , & qui avoient été jufqu’alors inconnues aux Chinois, pajr lefi^uel-J®.®^’,.
les ils retournèrent tranquillement dans leur Pays. ^ ' expulsion
L’Empereur Kang-hi résolut d’eflayer s'il y aurok quelque- avantage à delaChutirer de cette découverte. II envoya du même coté une puissante armée ne à.avec un gros train d’artillerie , fous la conduite de son troisième fils (*), p enqu’il fit accompagner, dit-on, paf un Jésuite fort habile dans les Fortifi. B ukharfe.cations & dans la composition des Feux d’artifice. Ce Prince, ayant passéle Désert par la même route que les Kalmuques avoient suivie dans leur re-traite , pénétra jufqu’aux Provinces de Kbamil & de Turf an; mais il trou-va Konîaish qui s’avançoit pour lui disputer le passage à la tête d’unc bel-le & nombreuse Cavalerie. Comme il n’osa risquer de le combattre dansles vastes plaines dont- ces Provinces font composées ; il prit le parti debâtir à certaines distances des Forts, qu’il munit soigneusement de Canon& d’Infanterie. Ensuite, s’avangant à la faveur de ces Forts, il parvintinsensiblement à se rendre maître de ces deux Provinces, fans que danscet intervalle il eût été possible aux Kalmuques de le forcer à une bataille.
Kontaish , voyant qu’il lui étoit impossible de repousser les Chinois fans ofresqu'iiCanon & fans Infanterie, dont les Kalmuques n’avoient point encore l’usage, M à laenvoya en 1720 des Ambassadeurs à Pierre I. Empereur de Russie, qui sb LuLe.trouvoit alors à Pétersbourg , & lui offrit de lui payer tribut s’il vouloirenvoyer à son secours dix-mille hommes de troupes régulières avec duCanon ; il se flattoit avec ce petit secours de chasser les Chinois de sonPays. Mais la guerre avec la Suéde jointe aux vues que l’Empereur Pier-re commençoit à former du côté de la Perse, l’empêcherent d’accepterune proposition si avantageuse. Les Chinois se saisirent de toute la partiedes Etats de Kontaish , qui s’étendoit de l’Est du Désert jusqu’aux frontiè-res de la Chine; ils y établirent des Colonies de Mongols, mais ils netouchèrent point aux domaines du Dalai Lama (à). II faut cependant quele Kontaish ait recouvré ces Pays depuis ; car le P. Gaubìl nous apprendqu’en 1726 les Tartares de H ami ou Kbamil t de Turf an , à’Jkfu, de Kash-gar , à'Irghen ou Jarkicn , & d 'Anghien (f), étoient fous fa protection.
Le lieu de fa résidence s’appelloit Harkas ou Urga fur la riviere à’IH (/-),que quelques-uns nomment Kongbjs , dont nous avons parlé dans la des-cription de la Tartarie.
IIIS-
(a) Bentink , p. 546 & íiuv. (st) Souciet, Observ. Mathéin. &c. p. 176, 177, 1Z0.(*) 11 succéda à son pere en 1726 sous le nom de Tong-ching.
(f) lì'/Jnville place fur fa carte cette ville fur la riviere Sir ou Sihon à soixante millesenviron au Nord-Oueít de fa source; mais Gaubil dans Souciet, p. 179 » dit qu’elle est àquelques lieues au Sud de la source de.cette riviçre.
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