578 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHAN
Histoire passer pour un effet du hazard, prit la fuite avec ses amis & ses domeíti-dn Mon- ques. Dhankinambu , son autre frere, que le Khan dépêcha aussitôt sur sesgol s de- traces, tenta inutilement de le ramener à la Cour. XI lui représenta quel‘ uis à je caractère de leur frere aine avoit été farouche'& turbulent, mais ZìganChl Zlraptan n’en prit pas plus de confiance pour un oncle qui avoit été ca-ne &c. pabíe d’une aêtion si dénaturée.
--— Aussitôt qu 'Araptan ou Rapt an, qui s’étoit toujours tenu caché, apprit
Tn ~ la mort de son onde, il se présenta aux Kalmuqaes & demanda sa fucces-jla dation. p ;on . e jj e ne p 0UV0Jt fui être contestée étant le plus proche heritier. LesBukh ariens , que Bujsuktu Khan ou Kaldan avoit subjugués depuis peu,suivi-rent l'exemple des Eluths ; 8 c les autres Provinces qui paruiíìòie-nt moinsdisposées à reconnoître Raptan, y furent contraintes par les armes. Quandles choses en furent à ce point, les Bukhariens conduisirent un jour cePrince dans un agréable bosquet, qui n’étoit composé que de cent arbresfort épais & d’une efpece particulière, 0Í1 il les régala pendant quelquesjours avec beaucoup de magnificence, après quoi ils lui donnerent solem-*- nellement le Titre‘de Kontaish, qui signifie grand Monarque , avec défense
sous peine de mort de l’appel 1 er de Ion premier nom. Ce Prince méritoitcette distinction par fes grandes qualités, ayant autant de génie & dedouceur (*) que de courage 8 c de piété (a).
Conquête Ee nouveau Khan vécut d’abord tranquillement dans fes Etats, fansdu Tibet, avoir de guerre qu'avec les Uzheks; 8 c il encouragea f Agriculture, par-ceque ses troupeaux ne suffisoient pas à l’entretien de ses sujets. Mais ilfit bien voir dans la fuite qu’il n’étoit pas moins entreprenant que son on-cle Kaldan. Peu de tems après son avènement au Trône, la ville de Yar*kian (Jrghen ou Jurkent) Capitale du Kashgar, se révolta contre lui j maisil la réduisit bientôt, & punit sévèrement les rebelles. Versl’an 1703 Zyu*ka ou Ayuki, un de ses cousins, gagna la tribu des Torgants , se séparade lui sous prétexte qu’il avoit à craindre pour fa vie à la Cour, paíìâ leJáik 8 c alla fie mettre fous la protection de la Russie (b). Vers í’an 1716Kantaish conquit le Tibet (c) ; mais quatre ans après les Provinces deÁ 7 ;rr-mil 8 c de Turf an dans la petite Bukharie lui furent enlevées par les Chi-nois. Voici à quelle occasion. Kontaish ayant été informé qu’à l’Est dugrand Kobi ou Désert, la Nature avoit placé au pied des montagnes quiséparent son Pays de la Chine, une Mine d’or si riche qu’elle pouvoit êtretravaillée fans peine , fit partir un de ses Mursas (f) à la tête de dix - mil-le hommes pour en prendre posseíîion. Les Chinois & les Mongols, aver.tis de leur dessein, tombèrent fur eux en grand nombre, 8 c les forcerenc
de
■ (à) Idem Hid. p. 253 . Gerlillen. ap. Bu duction Françoise. Rem. du Tr a d.]
' llalde, T.,IV. p. 49, 52. [Les citations de (b) Gerhiilon , 1 . c. Bentink , ap. ^à'/-Bentìnk font selon l’Anglois, on ne trouve ghazi Khan , p. 82.point ce qui est rapporté ici dans la Tra- (c) Gerbillen, ubi fup. p. 577,
f*) Bentink rapporte pour exemple de fa modération, qu’il pardonna non feulement ìl’efclave qui lui avoit crevé un œil, mais encore qu’il lui donna la liberté, comme un dé-dommagement du danger auquel fa vie avoit été exposée par la vengeance des Kalmuques.(f) C’est une corruption du mot Persan Mirza, qui signifie Prince.