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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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586 ^SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHAN

Khans du Dès que Jukta Kaya , fils ainé d’Unis Khan , eut appris que TokatmîsbKipjàk. étoit de retour , il marcha à lui avec une nombreuse armée , & le mit enliltTue dérou£e; H P™ lui-même la fuite, ôc ayant été poursuivi il sut blessé à lales Etats* main 6'un coup de fléché, en passant le Sìhon ou Sir. Quand il eut gagnéàeTmxï. l’autre bord , il entra nud & blesse dans un Bois, où il se coucha par ter-re pour se reposer ; sa voix plaintive attira heureusement auprès de lui unde ses anciens Capitaines, qui le trouva revenant d’une foiblesse; cet Of-ficier prit de lui tous les foins possibles, & le conduisit à Bokbara. Timur ,qui étoit campé dans les dehors de cette ville , ordonna qu’on lui fît unautre équipage aussi magnifique que les deux premiers. Sur ces entrefaitesun Emir nommé Jideku de la Horde de Mangut (*) , qui s’étoit retiré dela Cour d 'Unis Khan , donna avis que ce Prince marchoit contre Timur ,& qu’il faifoit chercher lókatmish de tous côtés. Dans le même tems ilarriva des Ambassadeurs envoyés par le Khan, pour demander qu’on luilivrât le Prince fugitif, & en cas de refus pour déclarer la guerre. Timurrépondit qu’il étoit résolu de protéger Tokfltmish, & qu’il se trouveroicbientôt avec leur Maître en rase campagne : en effet les deux armées serencontrèrent à Saganak , à vingt-quatre lieues d’Otrar.

Soft retour Ces deux grands Corps étoient prêts à en venir aux mains, lorfqu’ilb f* tomba une prodigieuse quantité de pluie & de neige , suivie d’un froid íìmort ’ rigoureux qu’il engourdit les hommes & les bêtes , & leur ôta l'usage deleurs membres. Ce tems dura pendant trois mois; & Timur, las d’être silong-tems en présence des ennemis fans rien faire , envoya un détache-ment pour les attaquer dans la nuit. Ce détachement rencontra trois-mil-le chevaux , commandés par Timur Malek /iglen , fils K Urus Khan , & lesmit en déroute ; le Prince lui-même fut blessé au pied d’un coup de flé-ché. Unis Khan, désespérant alors de réussir dans ses projets, prit le par-ti de la retraite. Timur de son côté retourna dans la Grande JBukharie,mais auffi-tôt que la saison permit de se mettre en campagne , il sc miten marche dans le dessein d attaquer le Kipjàk ; & il fit une si grande dili-gence, qu’en quinze jours & quinze nuits il arriva avec fon'armée à Jey-ran Kami sb, c'est-à-dire les roseaux des daims, ville de Kipjàk, dont il trou-va les habitans endormis. Ayant appris-!à qu Urus Khan étoit mort, il é-tabiit Tokatmisb Souverain du Kipjàk , & du reste de l’Empire àt.Tushiou Juji, & s’en retourna dans ses Etats («).

Troubles Ce récit de la mort d 'Urus Khan est certainement plus exact que celuiKh'âk d’/lbulghazi Khan, parceque s’il eût été tué dans une bataille, l’Historiende Timur n’auroic pas manqué d’en faire honneur à son Héros. De la Croixne compte pas moins que neuf Khans entre Bìrdi Bey ou Bek & Urus Khan,qui font, suivant lui, Kildibek autre fils de Janibek ; Noruz, qui prétendoitêtre aussi fils de Janibek ; Tcherkes Khan , qu’on fit encore passer pour un

fils

(a) Hijl. de Timur Bek, L. II. Ch, 20-23.

(*) C’est selon les apparences Vldighi Mangap d’ /lbulgbazi Khan, dans la traductionduquel les noms font souvent défigurés; mais de quel côté est ici la faute, c’est ce quenous ne pouvons décider.