586 ^SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHAN
Khans du Dès que Jukta Kaya , fils ainé d’Unis Khan , eut appris que TokatmîsbKipjàk. étoit de retour , il marcha à lui avec une nombreuse armée , & le mit enliltTue dérou£e; H P™ lui-même la fuite, ôc ayant été poursuivi il sut blessé à lales Etats* main 6'un coup de fléché, en passant le Sìhon ou Sir. Quand il eut gagnéàeTmxï. l’autre bord , il entra nud & blesse dans un Bois, où il se coucha par ter-re pour se reposer ; sa voix plaintive attira heureusement auprès de lui unde ses anciens Capitaines, qui le trouva revenant d’une foiblesse; cet Of-ficier prit de lui tous les foins possibles, & le conduisit à Bokbara. Timur ,qui étoit campé dans les dehors de cette ville , ordonna qu’on lui fît unautre équipage aussi magnifique que les deux premiers. Sur ces entrefaitesun Emir nommé Jideku de la Horde de Mangut (*) , qui s’étoit retiré dela Cour d 'Unis Khan , donna avis que ce Prince marchoit contre Timur ,& qu’il faifoit chercher lókatmish de tous côtés. Dans le même tems ilarriva des Ambassadeurs envoyés par le Khan, pour demander qu’on luilivrât le Prince fugitif, & en cas de refus pour déclarer la guerre. Timurrépondit qu’il étoit résolu de protéger Tokfltmish, & qu’il se trouveroicbientôt avec leur Maître en rase campagne : en effet les deux armées serencontrèrent à Saganak , à vingt-quatre lieues d’Otrar.
Soft retour Ces deux grands Corps étoient prêts à en venir aux mains, lorfqu’ilb f* tomba une prodigieuse quantité de pluie & de neige , suivie d’un froid íìmort ’ rigoureux qu’il engourdit les hommes & les bêtes , & leur ôta l'usage deleurs membres. Ce tems dura pendant trois mois; & Timur, las d’être silong-tems en présence des ennemis fans rien faire , envoya un détache-ment pour les attaquer dans la nuit. Ce détachement rencontra trois-mil-le chevaux , commandés par Timur Malek /iglen , fils K Urus Khan , & lesmit en déroute ; le Prince lui-même fut blessé au pied d’un coup de flé-ché. Unis Khan, désespérant alors de réussir dans ses projets, prit le par-ti de la retraite. Timur de son côté retourna dans la Grande JBukharie,mais auffi-tôt que la saison permit de se mettre en campagne , il sc miten marche dans le dessein d attaquer le Kipjàk ; & il fit une si grande dili-gence, qu’en quinze jours & quinze nuits il arriva avec fon'armée à Jey-ran Kami sb, c'est-à-dire les roseaux des daims, ville de Kipjàk, dont il trou-va les habitans endormis. Ayant appris-!à qu Urus Khan étoit mort, il é-tabiit Tokatmisb Souverain du Kipjàk , & du reste de l’Empire àt.Tushiou Juji, & s’en retourna dans ses Etats («).
Troubles Ce récit de la mort d 'Urus Khan est certainement plus exact que celuiKh'âk d’/lbulghazi Khan, parceque s’il eût été tué dans une bataille, l’Historiende Timur n’auroic pas manqué d’en faire honneur à son Héros. De la Croixne compte pas moins que neuf Khans entre Bìrdi Bey ou Bek & Urus Khan,qui font, suivant lui, Kildibek autre fils de Janibek ; Noruz, qui prétendoitêtre aussi fils de Janibek ; Tcherkes Khan , qu’on fit encore passer pour un
fils
(a) Hijl. de Timur Bek, L. II. Ch, 20-23.
(*) C’est selon les apparences Vldighi Mangap d’ /lbulgbazi Khan, dans la traductionduquel les noms font souvent défigurés; mais de quel côté est ici la faute, c’est ce quenous ne pouvons décider.