DANS LA GRANDE BUKHARIE. Liv. VII. Ciur. I. 597plus grande- dans cette derniere chaque Métier ou Profession a son quartierparticulier; W maisons y font en général de terre, mais les Mosquées, lesBains & "autres Edifices publics ou particuliers font de pierre; ils font bâ-tis & dorés somptueusement, fur-tout les Bains,dont l’invention n’a rien
de comparable dans le Monde.
L’eau d une petite Riviere, qui traveríe la ville, est íì ma.-faine,qu elleengendreaux jambes de ceux qui en usent dey vers longs d une aune, en-tre cuir & chair; ils sortent chaque jour de la longueur d’un pouce, &l’on prend foin de les rouler à mesure , pour les tirer doucement par cemoven • mais s’ils fe rompent dans l’opéracion, le malade doit s’attendre àla morts Malgré cet inconvénient, il eít défendu à Bokbara de boire d’au-tres liqueurs que de l’eau & du lait de jument; ceux qui violent cette Loifont condamnés au fouet dans les Places publiques. 11 y a des Officiers é-tablis pour visiter les maisons; s’ils y trouvent de seau de vie, du vin oudu Brag , ils brisent les vaisseaux, répandent la liqueur, & punissent le cou-pable. Lors même que l’on s’apperçoit à l’haleine qu’un homme a prisquelque boisson forte, il essuye une bonne bastonnade. Cette grande rigueurvient du Chef de la Religion, qui est plus respecté à Bokbara que le Khanmême II dépose les Khans à son gré: JcnhnJon en fut témoin pendantle séjour qu’il fit dans cette ville. Le Roi régnant fut dépose de-mêmeque savoir été son prédécesseur ; & ce dernier fut massacré dans fa cham-bre pendant la nuit par le Métropolitain.
Le Roi ou Khan n’est ni fort puissant ni riche; il n’a gueres d’autresrevenus que ce qu’il tire de la ville pour son entretien On lui paye ledixieme de tout ce qui se vend, & le Peuple en souffre beaucoup, b il a be-soin d’argent il envoyé prendre des marchandises à crédit dans les bouti-ques , bon gré malgré les Marchands. Jmkinson reçut par ce moyen lepayement de quelques pieces de drap de Kent. 11 fut traité d’ailleurs avecbeaucoup de civilité par le Khan qui regnoit alors (en 1559). Ce Princele faifoit souvent appeller pour s’entretenir avec lui des Loix, de la Re-ligion & de la Puissance des Pays de l’Europe. II envoya à fa requête centhommes armés contre une troupe de brigands qui a voient attaqué la Cara-vane, & Jenkinfon recouvra une partie de ses marchandises.
Comme le Pays de Bokbara étoit autrefois soumis à la Perse, on y par-le encore la Langue Persane. Mais les Bukhariens sont continuellementen guerre avec les Persans pour des intérêts de Religion, quoique les deuxNations soient Mahométanes, mais elles font de sectes différentes. LesBukhariens leur font autli un procès, de ce qu’ils ne font pas raser com-me eux, & comme tous lesTartares, le poil de la levre supérieure, & parcette raison ils les appellent Cafrs, c’est-à-dire Infidèles, nom qu’ils don-nent aux Chrétiens, ils n’ont pas de monnoye d’or, & n’en ont qu’uned’argent <*) de la valeur du Shelhng a Angleterre, que le Khan hausse &baitfe très-fouvent, déserté que leur monnoye de cuivre, qu’ils appellentfuli dont cent font une piece d’argent, a beaucoup plus de cours.
' Quant
Bmtbink dit que les Monnoyes de Perse & des Indes y ont cours.
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Descrip-tion de laGrandeBukharie.
L’Eau y estmalsaine.
LangageMonna-ye de Bok-hara.