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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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DANS LA GRANDE BUKHARIE. Liv. VII. Chap. II. 605

le Pays des Mongols sujets de la Chine; au Sud le Tibet, & l’extrémité Descrip-thi Nord-Ouest de la Chine; elle est séparée de ces deux Pays par deux Aon de Javastes déserts, qui ont communication l’un avec l’autre. Elle est située Petite -entre le quatre-vingt-douzieme & le cent-dix-huitieme degré de Longitu* Buktiane ‘de, & entre le trente-cinquieme trente minutes & le quarante-cinquiemedegré de Latitude, ainsi fa longueur de 1 Est à l’Ouesl est environ dehuit-cens cinquante milles, & fa largeur de cinq cens-quatre-vingt du Sud auNord ; mais en la considérant dans tout ion cours, parcequeile forme undemi cercle du Sud au Nord-Est , fa longueur fera de douze-cens milles,

& fa largeur n’excede nulle part cent-quarante.

Ce Pays est assez fertile & bien peuplé , mais fa grande élévation & h Sa Pn •hauteur des montagnes qui l’environnent de plusieurs côtés, fur-touc mí riéíéS 'Midi, le rendent beaucoup plus froid qu’il ne devroit naturellement se-rre par fa situation (*). II est fort riche en Mines d or & d'argent, maisles hajsstans n’en profitent gueres , parceque ni les Eluths ou Kalmuques ,qui font les maîtres du Pays , ni les Bukhares ne s’embarrassent point d’ytravailler. Cependant les uns & les autres recueillent au beaucoup d’orPrinteins que Jes torrens entraînent des montagnes , quand les neigesviennent à fe fondre. De- là vient toute la Poudre d’or que les Bukharesportent aux Indes, à la Chine & en Sibérie. On trouve auíïì dans le Paysbeaucoup de Musc, & toutes fortes de Pierres précieuses fans en excepterles Diamans, mais les habitans n’on t pas fart de les tailler ni de les polir (a).

Touce la Petite Bukharie consiste dans une longue chaîne de montagnes,qui fe divise en plusieurs branches , & qui s’étend dans le grand Désertsablonneux : au pied de ces montagnes il y a en divers endroits des plai-nes fertiles, deforte qu’on peut la comparer à une grande chaîne de Ro-chers & d’Jsles , qui s’éleyent dans la Mer. Régis observe, qu’entre lesvilles de k Petite Bukharie il n’y a point de villages (f) , deforte qu’envoyageant de l’une à l’autre , il ne faut pas fe promettre de trouver lamoindre commodité. II attribue cet inconvénient au génie des Tartaresqui préfèrent les tentes aux maisons, fans compter la nature du Pays qu!étant divisé par quantité de branches du Kobì , ssest habitable que dansquelques endroits.

On divise la Petite Bukharie en plusieurs Etats , qui forment autant de Siì D/®/-Pays différens, mais donc les noms, les bornes & letendue font ignorés de^"*nos Géographes. Du tems de Goés, qui y passa en 1603, elle étoit com-posée de deux Royaumes, celui de Kcishgar à i’Ouest, & celui de Chelis àl’Est , qui avoient le même Souverain. Aujourd’hui on peut la diviser en

qua-

0 ) Abuìghazì Kban, p: 388. 389.

(*) Cela paroit contredit par 1 'Etat présent de la Peiite Bukharie, où l’on dit qu’elleabonde en toutes fortes de fruits & de raisins; niais la chaleur y est si excessive qu’on nepeut la supporter hors des maisons.

(j) Cependant Btmtir.k & les Auteurs de la Description disent que les villes, au nom-bre de vingt, ont un grand nombre de villages dans leur dépendance. Abiïhbaù Khan?. ZLS, 369.