Khans 620 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHANde la ?s- de remplir le Trône qui étoit vacant , le virent obligés d’y appeller AmuCite Buk- Khoja, qui regnoit clans la Grande Bukharie, fous le nom à'Isan Boga Khan {asharie. Ce Prince, qui étoit fils de Doyji Khan, n’ayant point d’enfans de fai Amul- f ernrae Saiiltamish , engrossa une de fes Esclaves nommée Manlaghì. MaisKh'oja un jour que le Khan étoit allé à la chasse, fa femme qui étoit jalouse de cetteKhan. Esclave, la donna en mariage à un Mogol nommé Shiragd, & l’obligeadel’emmener fur le champ avec lui dans son Pays. Amul Khoja apprit à sonretour ce qui s’étoit passé , & ne voulant pas fe brouiller avec fa femme,il prit le parti de ne faire semblant de rien. Cependant ce Prince étant mortsans en fans, l’Etat se vit déchiré par différentes factions. Dans cette ex-trémité un des principaux Seigneurs de Kashgar, nommé Ami r Jalawjienvoya Tash Timur àlaquêtede Manlaghì, qu’il déterra enfin avec son filsTogalak ou Togluk , qui jouoit avec son frere utérin. II prit sontems pourenlever Togalak, remmena à Kashgar, où iimir Jalauji le fit proclamer fous" le nom de Togalak Timûr Khan. Ceci fe passa vers fan 748 de l’Hégire ,1347 de J. C.
2. Toga- Ce Prince fut obligé d’empioyer une grande partie de son régné â dissiperhk simur les différentes factions qui s’oppoferent à lui. Après en être venu à boutKhan. p entra avec une puissante armée dans la Grande Bukharie, & la réduisit sousson obéissance (*). Ayant laissé son fils Elias Khoja à Samarcande pour com-mander dans le Pays, il retourna à Kashgar, où il mourut environ deux ansaprès.
Togalak Timur fut le premier des Princes de la postérité de Jenghiz Khanqui regnerent dans le Pays de Kashgar, qui embrassa le Mahométifme.Etant un jour à la chasse , il apperçut des Marchands étrangers dans f en-droit qu’il avoit marqué pour rassembler le gibier , contre la défense ex-presse qu’il avoit fait publier. Irrité de cette contravention à fes ordres ,il commanda quson lui amenât ces gens pieds & poings liés , & leur de-manda pourquoi ils avoient contrevenu à fes ordres ? Un d’eux qui étoitun Sheikh , nommé Samalo’ddin , lui répondit qu’ils étoient des étrangersdu Pays de Kattak, & qu’ils ignoroient qu’il y eût une pareille défense. Ap-paremment , répliqua le Khan , que vous êtes des Tajiks , £? par conséquentpires que des Chiens; sur quoi le Sheikh reprit : fi nous riétions pas de vraisCroyans, on auroit raison de nefaire pas plus de cas de nous que d un Chien, parce-qiiavec la raison que nous avons nous ferions moins raisonnables que des bêtes (b).
Sc fait Cette réponse toucha le Khan, & à son retour de la chasse il fit venirle Sheikh, le prit en particulier & lui dit: quelle est ta Religion, pour avoirtous fa su-osé me répondre comme tu asfait? Sur quoi le Sheikh lui expliqua les arti-ste clés de la Foi Mahométane, & le Khan se trouva si convaincu de la vé-rite de cette Religion, q-u’il lui ordonna de revenir dans quelque temspour concerter ensemble les moyens de rétablir dans ses Etats. Le Sheikh' étant mort peu après son retour chez lui, son fils Rashidoddin , conformé-ment
(<î) Abu Ighazì Khan , p. 406 42Z. {lé) Idem. p 408 -410.
(*) Vers l’an 762 de l’Hégire, & 13 iode j. C. comme on le, verra plus au long dîns.fJEIií.toiïe de Timur lìe< ou Tamciian.,