DANS L'IRAN OU LA PERSE. Liv. VIII. Chap. I. 6zr
tourna fort piqué, & quand il fut arrivé à Míyafarekin , il chassa non seule- re „ nement les Gouverneurs Mongols, mais fit pendre un Prêtre, que IeKhan lui /*Hulaguavoit envoyé chargé de ses ordres. Cependant l’armée Mongole com- Khan.mandée par Tafmut fils de Hulaku , l’ayant suivi, vint investir la ville. En unjour & une nuit ils l’environnerent d’un mur & d’un fossé, ensuite l’atta-querent-vivement avec leurs machines. Mais voyant qu’ils ne pouvoientemporter la place par force, ils changèrent le siégé en blocus (a).
L’an de l’Hégire 657, de J. C. 1258, Hulaku envoya un Ambassadeur à / v i C pAI Malek AI Nasr , Seigneur d’Alep , chargé dune Lettre, par laquelle il sommée.l’exhortoit à se soumettre, &à éviter le fort du Calife, en se rendant inces-samment dans son camp. Les Grands de l’Etat n’ayant pas voulu lui per-mettre d’obéir à cette sommation , AI Nasr fort consterné envoya son filsAI Malek AI Azïz avec une grosse somme d’argent & de riches présens.
Après avoir attendu tout l’hyver, AI Aziz eut pour réponse :,, Nous de-„ mandons de voir AI Malek AI Nasr , & non son fils. Si donc il est porté„ sincèrement pour nous, qu’il se rende auprès de nous, sinon nous irons„ le trouver. „ Quand AI Nasr apprit cette réponse , il fut en grandepeine, ne sachant quel parti prendre. Hulaku manda ensuite Azzdddin Roide Rum & son frere Roknoddin ; ces deux Princes obéirent, & furent reçusavec de grands honneurs. Après avoir partagé leurs Etats entre eux , J ilse mit en marche pour la Syrie, menant avec lui les deux Princes Seljucides ;
& quand on fut arrivé au bord de l’Euphrate, ils eurent la permission des’en retourner chez eux.
En 658, de J. C. 1259 , Hulaku arriva à Harran avec une armée de invasionquatre-vingt-mille hommes, cette ville & celle de Roha ou Ors a se ren- JanslaSy-dirent par composition, aussi ne fit-on pas le moindre tort à aucun des ha rie *bitans,- mais ceux de Saruj (*) furent tous passés au fil de l’épée pour n’a-voir pas obéi aux ordres du Prince Mogol. Après quoi II Kbm fit jettertrois ponts fur l’Euphrate, l’un proche de Maîatiya, l’autre à Kalato’Irum ,
& le troisième pas loin de Karkisia (f) ayant fait passer son armée sur cesponts en Syrie , ses troupes firent un grand carnage du côté de Manbej.
Ensuite l’armée s’étant partagée en plusieurs corps pour réduire les villes& les châteaux, il n’y eut que très-peu de troupes qui prirent la routed’Alep. AI Malek Al Moadáham, fils ainé de Salaho’ddin ou Saladin , s’avançaà leur rencontre ; mais ayant été battu il reprit le chemin de la ville. Ledétachement qui alla à Moarrah ou Marrab , saccagea cette place. MaisHamah & Emejse fe rendirent par composition. Quand Al Malek Al Nasrapprit cette fuite de disgrâces, il se retira avec ses femmes , ses enfans ócce qu’il avoit déplus précieux dans les Déserts d ’AlKarakôc á'Al Shawbak.
Quand les Mongols parurent devant Damas , les principaux rendirent la r Elie e st
V ille subjuguée.
(a) Abulfarag . ubi sup. p. 344. & suiv.
(*) Saruj est au Nord de Roba, & Roba au Nord de Harran , qu’on croît être î’ancienne' Uaran ou Carres. . , , „ , , , ,
(|) Maîatiya est un peu hors des frontières de îa òyrie ; Xalato Irum, ou Kalatmnm ,comme011 prononce,Csi cntre Sumsiate & AlBir; & Karkisiacn confluent de ì'/ilKbubut &de Y Euphrate , à quelques lieues au Nord de Rsbaba, ou llabba.