640 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHAN
Le rcgm envoyé à Bundokdar , ce Prince rendit le fils de Hatsni en échange. Est*d' Abaka. f u i t e tìatem fit un autre voyage pour solliciter la permission de í'e démet-
-tre de la Couronne en faveur de son fils, à quoi Abaka consentit. Mais
la joie que lui causa cette grâce fut extrêmement troublée par un horribletremblement de terre, qu’i! y eut en 670 en Arménie, qui renversa plu-sieurs châteaux & fit périr plus de cent-mille personnes, fans parler du bé-tail (a).
Et la Na- En Tannée 675 Abaka Khan vint passer Thiver à Bagdad. Vers le mê-tolíe. me tems mourut le célébré Kboja Nafiro’dJin AI Tuji, savant dans toutes675 - les parties de la Philosophie,& Auteur de plusieurs Ouvrages fur différensi 27 < 5 . sujets. Cette même année le fijs de Hatem ,qui étoit Roi d Arménie, ayantappris par les intelligences qu il entretenoit, qué Bundokdar méditoit uneinvasion dans le Pays de Rum , à J instigation de quelques-uns des habi-tans, fit avertir les Commandans Mongols d’être fur leurs gardes ; maisBemanah leur ayant persuadé que c’étoit une fausse allarme, ils négligè-rent de prendre des précautions, de sorte que les Egyptiens vinrent fondresur eux dans un tems où ils avoient trop bu, les tuerent tous avec deuxmille Géorgiens, de trois mille qu’ils avoient été : il est vrai qu’il en coûtabien du monde à Tennemi. Bundokdar marcha ensuite à Cèsarèe , où ii s’ar-rêta quinze jours, fans faire le moindre mal à la ville, disant qu’iî n’étoitpoint venu pour dévaster ie Pays, mais pour délivrer le Souverain de Testclavage.
Il K retire Quand les nouvelles de ce qui se passoit arrivèrent à la Cour à’Abaka,
à l'apu-u- ce Monarque fut fort irrité , & ayant assemblé ses forces il se mit encbed’&ba. marche pour le Pays de Rum ; mais avant son arrivée les Egyptiens se re-ka " tirèrent en Syrie. II manda Bermanah, & le reçut sans lui témoigner le
moindre mécontentement; il ramena à son camp sous prétexte de délibé-rer avec lui fur le nombre de troupes qu’ii faudroit laisser pour couvrirle Pays de Rum contre les Egyptiens. Dans un festin qu’il donna il ré-gala qui ne buvoit point de vin, de lait de jument; & celui-
ci étant sorti pour quelque nécessité, le Khan fit signe à un Officier de gar-de, qui le suivit & le tua. Bundokdar mourut à Emeíìe en Syrie, en s’enretournant en Egypte; les uns disent de poison, & les autres d’une blessu-re qu’il avoit reçue dans le combat contre les Mongols {b).
Trait de Kbandcmir rapporte à l’occasion de cette guerre, que dès que Bundokdarptiitèfe. fut fur le Trône, il^ voulu t, avant que de mesurer ses armes contre cellesdes Mongols, connoître par lui-même Tétât de leurs forces. Dans cettevue il parcourut avec trois ou quatre personnes les Pays que les Mongolspossédoient en-deçà de TEuphrate. Après son retour il dépêcha par ga-lanterie un Courier à Abaka Khan , qui venoit de succéder à son pere Hu-laku , & lui fit savoir que s’étant promené par divertissement dans sesEtats, il avoit laissé dans une hôtellerie, qu’il lui marquoit, pour gage dela dépense qu’il y avoit faite, une bague de prix qu’il Je prioit de lui ren-voyer, Abaka lai répondit fort civilement, & lui renvoya sa bague par
un
C a ) Abulfarag. Hist. Dynast. p. 35 6 . & fà (b) Idem , p. 357,