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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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DANS L’IRA N OU LA PERSE. Liv. VIII. Chap. III. 655ranger à son devoir; mais dès que ìe fils fut instruit de la marche de son Skcttonpere, il posa les armes, & vint se remettre entre ses mains. L'Emir iefit prisonnier,& le conduisit en cet état aux pieds du Sultan. Ce Princepardonna au fils en considération des services du pere, & lui rendit son Khan.Gouvernement. -——

En 723 le Visir Ali Shah mourut, & fa Charge fut donnée à S ay n , Lieu- Il désobligétenant-Général de l’Emir Juban . Quelque tems après l’Emir donna fa fil- ce Prince.le Baghdad Khaîun, une des plus rares Beautés de Y Aile, en mariage à l’E-mir Hassan Ilkhani, fils de Shaik Hujsayn, ou Emir Hujsayn Kurkhan. Maisce mariage lui fut très-funeste ; car le Sultan A'ousdid étant devenu amou-reux de cette Dame, il la demanda en mariage à son pere. Or, selon lesloix des Mongols, tout particulier est obligé de répudier fa femme, lorsquele Sultan la veut épouser ; cependant Juban ne voulut pas consentir à cedivorce, & s’emporta même en des termes peu respectueux contre le jeu-ne Prince, qui ne lui demandoit rien de contraire aux loix & à son devoir (a).

Abusaïd dissimula pour lors le ressentiment qu'il avoit de ce refus, çziiiomleenl’Emir Juban, croyant pouvoir le guérir de fa passion par l’absence, en- disgrâce.voya son gendre & fa fille à Karabagh , & mena le Sultan contre son gré àBagdad, pour y passer l’hiver. Mais í’amour d 'Abusaïd, bien loin de di-minuer par cette séparation, prenoit tous les jours de nouvelles forces. LeVisir Sayn entretenoit cependant l’aversion de ce Prince pour Juban, parplusieurs faux rapports qu’il lui saison t de fa conduite & de celle de sesen fans. Damashk Khowajeh ou Kboja , fils de Juban, un des principauxOfficiers de ía Maison d’ Abusaïd, & qui approcher t le plus souvent de sapersonne, eut connoissance des mauvais offices que Sayn rendoit à sonpere, & lui en fit un fidele rapport. L’Emir prit dans cette conjonóìureune résolution hardie ; car sous prétexte d’aller appaifer quelques mouve-mens qui s’étoient élevés dans le Khorasan, il sortit brusquement de Bag-dad & se rendit à Soltanie, menant avec lui le Visir Sayn, comme pourétage du fils qu’il Jaissoit à la Cour.

Damashk y demeura chargé de toutes les affaires, cvx Juban, qui en On faitétoic entièrement le maître, ne les communiquoit qu’à lui. II arriva dans ^la fuite que Damashk abusant de i’autorité de son pere, disposoit si abso mashiùJument de tout, qu’il ne restoit plus à Abusaïd que le seul nom de Sultan.

Ce Prince ennuyé d’être toujours en tutele, découvrit son chagrin à quel-ques- uns de ses confidens, qui lui apprirent que Damashk entretenoit uncommerce secret avec une des femmes du Sultan Algiaptu son pere. LePrince sur cet avis fit épier Damashk pour découvrir la vérité,& il ne futpas long-tems fans être lui-même témoin d’un rendez-vous des deux amans.

Le Sultan, attaqué en son honneur aussi bien que dans son autorité par cetinsolent Ministre, n’eut pas de peine à signer l’arrêt de fa mort. Maisaucun des siens isolant entreprendre un coup si dangereux , il fallut laisserla chose au hazard,& bientôt tout réussit au gré des désirs du Prince. Eneffet il arriva en ce tems-ìà (en Tannée 727) que quelques têtes de gens

(/}) Khonikmir, ubi supra.

qui