656 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHfANSection qui s’étoient révoltés dans les Provinces, ayant été apportées au Palais dtfVII. Sultan, le bruit se répandit que c’étoient les têtes de Juban & de ses par-i^ ans ’ avoîent été envoyées du Khorasan. Damasbk en fut 0 effra-Khan 1 ^ y® > M? sans approfondir le fait, il sortit la nuit du Palais suivi feulement,., ' — de dix hommes & prit la fuite. Abufáid le fit suivre aussitôt par Mesr Kho -
wajeh, un de ses confidens, qui l’ayant atteint lui coupa la tête <St sup-porta au Sultan.
11 levs une Ce Prince étant délivré du fils, songea d’abord à se défaire aussi du pe-Année. te, & envoya des ordres précis aux Officiers du Khorasan de se saisir deJuban ; il dépêcha aussi des Courriers dans les autres Provinces pour fairemourir tous ceux de la famille ou de la dépendance de cet Emir. Maiscomme tous les Officiers du Khorasan vivoient en fort bonne intelligenceavec ce Général, au-lieu d’exécuter les ordres du Sultan, ils lui en donnè-rent connoissance. II ne perdit point de tems, car Pe servant de la fa-veur & du crédit de ses amis, il mit fur pied une armée de soixante-dix-xmlle chevaux, avec laquelle il tira du côté àeKasbin, où le Sultan s’étoitavancé avec toutes les forces qu’il avoit pu rassembler. Avant que de par-tir du Khorasan Juban fit mourir Sayn par represaille de la mort de son fils,& Abusaïd de son côté nomma pour Visir Gayatho’ddin Mohammed, hommesavant, & fils de Rashido'dàìn, que l’Emir avoit fait mourir.
Désertion Juban marchoit cependant pour se rendre maître de la Cour & de la*/« personne du Sultan. Quand il fut arrivé k Semman , il visita Rocno'ddin^ ' Alao’ddawlet , vénérable pour sa sainteté, dont le tombeau est encore res-pecté par les Mahométans. Après quelques conférences qu’ils eurent en-semble, l’Emir lui promit avec serment qu’il suivroit ses avis en tout, <$cpour lui donner une preuve de la sincérité de ses intentions, il lui propo-sa d’aller lui-même de sa part trouver le Sultan , pour lui demander lesmeurtriers de son fils, & les conditions d’une bonne paix. Abusaïd reçut leSheikbi avec respect & lui fit mille honneurs, mais il refusa de livrer h Ju-ban les assassins de Damashk,& ne voulut entendre à aucune forte de Trai-té avec lui. L’Emir irrité de ce refus ne garda plus aucune mesure avecle Sultan, & vint camper à une journée de l’Ordu ou Camp Impérial, dansun lieu nommé Iíuha ;mais il ne demeura pas long-tems dans ce poste;carplusieurs de ses principaux Officiers, qui lui dévoient uniquement leur for-tune , Pabandonnerent avec trente-mìlle chevaux, & se rendirent auprèsde leur légitime Souverain.
n se rets Après cette désertion, l’Emir, qui ne se pouvoit prudemment fier au res-te de ses troupes, décampa & prit la route du Désert de Nubendijan pourse retirer dans le Khorasan. Cette longue & difficile marche, jointe à ladésertion de plusieurs de ses Officiers, affoiblit st fort son armée, qu’il nese trouva plus en état de soutenir son parti dans cette Province, ce quilui fit prendre la résolution de se retirer dans le Turkestan, Pays où setrouvoient plusieurs grands Princes, qui faisoient souvent des irruptionsdans les Etats d 'Abujaïd, comme on l’a vu ci-deslus. Ce dessein auroit été,selon les apparences, fort avantageux à l’Emir; mais son mauvais destinvoulut, quêtant arrivé à la rivière de Morgab ,il changea tout d'un coup
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