Sect.IV.Histoire dela Suisse
1338-1389*
paroisse-ment de lavuiiïance deMenu.
Soleuri &Mienne seliguent avee
elle .
Leurs con-duites.
Guerre en-4re Berneles Can•ions confé-dérés.
96 HISTOIRE DES CANTONS
vigilance de Berne, que la Suislè méridionale .étoit redevable de cette heu-reuse tranquillité.
Cette ville gouvernée par la plus sage politique, étendoit chaque jour fitpuiílànce , & venoit d’acquérir le Comté d’Arberg, du dernier descendant decette ancienne & illustre maison ; de Pierre d’Arberg, qui, fastueux, pleinde valeur, & débauché, avoit fini par devenir ladre, ou lépreux, & qui,après avoir dissipé des biens immenses, mourut pauvre & malheureux dansune mauvaise chaumière, auprès de íà ville d’Arberg, abandonné de tout lemonde, & ît la vue de ses anciens Etats, gouvernés par un baillis Bernois.A cette acquisition, la République de Berne ne tarda point d’en ajouter deplus considérables (r) ; ènfcrte que les terres de sa domination commen-.çoient à s’étendre fort loin, lorsque les villes de Morat, de Soleure & deBienne, aspirant également au bonheur de la liberté, s’attacherent à la fortu-ne de cette République, & ne manquoient jamais de prendre part à ses ex-péditions.
Cette petite ligue se rendit aussi redoutable aux environs du Mont jura.,que la confédération Helvétique l’étoit du côté des Alpes. Un événementimprévu, & qui fembloit devoir allumer entre ces deux ligues une haine irré-conciliable, ies rapprocha , au contraire, & servit à former entr’eíles lesnœuds de la plus forte union. Le même goût de la liberté qui caractérisoicdes habitans des Cantons Suislès confédérés, animoit aussi les peuples qui ha.-bitoient le reste de la Haute-Allemagne, & principalement ceux qui vi-voient fur les bords du lac de Brienz & dans les vallées du Mont Brunick.Impatiens de secouer lé joug de la dépendance, ils ie mirent fous la protec-tion du Canton d’Unterwald, & dès lors, refusèrent de reconnoître pourSupérieurs le Prévôt d’Interloppen & le Baron de Ringenberg, auxquels ilsavoient obéi jusqu’alors, comme à leurs Supérieurs. Ce Prévôt & ce Ba-ron , étant alliés & bourgeois de la ville de Berne, les habitans de Brienz &des vallées du Mont Brunick, étoient conséquemment sujets indirects de la•République de Berne, qui, quoique très-jalouse elle-même de la liberté,résolut de châtier, comme des sujets rébelles, ces peuples, vassaux du Prévôtd’Interloppen & du Baron de Ringenberg. De leur côté, les Suislès du Can-ton d’Unterwald volèrent au secours de leurs protégés ; ensorte que les deuxpartis ne tarderent point à en venir à des actes d’hostilité.
Les Bernois eurent des succès, & leur supériorité irritant leurs ennemis, 'ceux ci appellerent h leur secours, les six Cantons confédérés. Dès lors lapartie ne fut plus égale, & la République de Berne, prévoyant combien l’é-
véne-
(1) Les Bernois, possesseurs du Comté d’Arberg, ne tarderent pasâjoindreâ cette ac-quisition les villages de lYluhlinen, de Kalden & de Wanctn. ainsi que la dlme & ledroit de Patronage de la paroisse d’Eche qui leur furent vendus par le Comte de Brandis.Dans ces premiers tems de la République de Berne , fa plus arande richesse étoit le zele& la bonne volonté des citoyens L’F.tat n’avoit presqu’aucun revenu patrimonial ; maisle particulier riche des revenus de le- terres ou lu butin qu'il faifoit fur celle- des en-«émis yit/oit avec parcimonie , & n "étoit libéral que pour enrichir I' ta t Chacun four-Lissoir à píop-rHoB d-- les facultés. & l’on fe taxait. ou au tiers ou au quart toutesle? ft.;.- p f <- irt? lùfi 'V’elqu’acquífìtion à faire pour accroître les possessions de» .tks iiguh U des guerres de la Suisse . T. 1. p. 289.