Sect.XIV.Hist. d’Al-lemagne ,1705 -
jusqu’à nosjours.
Bataille deGalcimto■perdue parles Impé-riaux.
Siégé deTurm.
Bataille £?fox íe duSicge de
■ d- Ut iìl.
Mo>t ditMaréchal
deMarfin.
% HISTOIRE D E L’E M P I R E
poursuivant un cerf, les apperçurent, avertirent Sa Majesté Impé»riale, qui retourna, à toute bride, à Vienne avec les Seigneurs de fafuite. ,
Les commencemens de la Campagne d’Italie n avoient été favorables,ni' à la maison d’Autriche, ni à, celle de Savoye ; ì’arméc Impériale é-toit affaiblie par la désertion presque générale des Bavarois qu’on y avoitincorporés malgré eux. L’argent manquoit. Les forces de l’armée Fran-çoise augmentoient tous les jours. Vendôme venait de gagner la ba-taille de Calcinato. Le Prince Eugene, ayant rassemblé les débris del’armée Impériale, auxquels il joignit trois régimens Bavarois, accou-rut à Gavardo, pour empêcher qu’on ne lui otât la communication avecle Trentin; il pénétra jusque dans la vallée de Poliseìla, où il campa,en attendant les renforts qu’on lui envoyoit. Cependant les François sepréparoient depuis quelque tems a faire le íiege de 1 urin. La í euil*fade fut chargé de la conduite de ce fiege, tandis que Vendôme, postéà Rivoli, obíervoit les démarches de l’armée du Prince Eugene , quivenoit de recevoir un renfort d’environ dix mille hommes. Avec un se-cours si considérable, il se rendit maître du Farrarois & du Modenois.Le Roi de France, ayant rappelle a’Italie le Duc de Vendôme, pourl’envoyer commander en Flandre, le Duc d’Orléans lui succéda; mais,trop foible pour s’oppofer aux conquêtes du Prince Eugene, qui, dansla rapidité de fa marche, s’emparoit de tous les postes, le Duc ne putempêcher la jonction des Piémontois avec les Impériaux. Etant arrivéen Piémont le. même jour que le Prince Eugene, il tint un conseil deguerre avec la Feuillade, dans lequel il fut arrêté , de faire de nou-veaux efforts pour continuer le siégé de Turin. Les François entre-prirent de se rendre maîtres des contre-gardes & de la demi-lune; ilscroyaient n’avoir rien à craindre par rapport aux mines, parceque dansun assaut précédent, les assiégés en avoient assez fait jouer, pour croi-re qu’il ne leur en restoit plus. On se trompait; dès que les affiégeansse furent formés fur le chemin-couvert, une mine creva. D’un mêmecoup elle abîma deux pièces de batterie, & fit fauter.en l’air troiscents grenadiers. Les autres, épouvantés-d’un spectacle si terrible, sedébandèrent.
Cependant le Duc de Savoye & le Prince Eugene marchaient sur huitcolonnes pour attaquer le Duc d’Orléans, qui à peine avoit eu le tems dese retrancher. Après la plus opiniâtre résistance les lignes de farinée Fran-çoise furent forcées. Cette armée étoit totalement ruinée, si les Allemands,au lieu de s’attacher au pillage, en-avoient poursuivi les-débris. Le Ducd’Orléans, s’étant exposé avec plus de courage que de bonheur, reçut aubras gauche une blessure qui lui découvroit l’os, une autre dans le côté-,au défaut de la cuirasse, & trois coups dans ses armes. Les François lais-sèrent entre les mains des Alliés un nombre considérable de prisonniers;celui des morts fut beaucoup moins grand. Le Maréchal de Marsin-,blessé dangereusement. mourut le lendemain de la bataille.
La victoire remportée par les Impériaux, fit perdre au Roi de Fran-ce presque toutes ses conquêtes en Italie: elle rendit inutile celle que le