D ’4 L L E M A G N E, Lit. XXV. Se ct. XIV. 5
Comte de Médavi remporta deux jours après dans le Mantouan, ne sist. d’Al-put empêcher les succès des Alliés en Flandre. Tandis que l’EIecteur de lemagne,Bavière & le Maréchal de Villeroi alloient camper entre les deux Ghet- . pos-tes, le Duc de Marlboroug & le Feld - Maréchal d’Ouwerkerk- prenoient jouní. 3110 *la même route. Les deux armées se trouvèrent en présence à Ramilli. .
La Maison du Roi attaqua d’abord l’aîle gauche des Alliés avec succès, Bataille demais elle fut prise en flanc par douze bataillons, & une colonne de dra-gons, que les Alliés avoient fait couler le long de la Méhaigne. La cava- p e ra ^ s ^lerie prit la fuite, & l’infanterie fut forcée de quitter en désordre lechamp de bataille, où elle laissa dix pièces de canon. Les Alliés ne pen-soient point à pousser plus loin leur victoire (a), lorsque la confuíìonqui se mit dans les troupes qui faisoient la retraite, leur en donna unedes plus compîettcs, & qui décida du fort des Païs - Bas. Bruges, Gand,
Louvain, Malines, Bruxelles, Oudenarde, ne coûterent pas un coup decanon aux Alliés.
Marlboroug, couvert de gloire, enrichi des dépouilles de ceux qu’il Marlborougavoit vaincus, retourna à Londres, d’où la Reine Anne senvoya en Saxe,pour y découvrir les desseins secrets du Roi de Suéde, qui, selon le bruitpublic, devoit se joindre à la France, quoiqu’il eût donné sa parole en tentions du1700 de ne prendre aucun parti dans la guerre de Louis XIV contre les Roi lie Sui *-Alliés; mais on n’imaginoit pas que Charles XII seroit esclave de sa pa> de 'rôle, lorsqu'il s’agiroit de la sacrifier à son intérêt: on se trompoit. Marl-boroug , après avoir étudié les projets du Monarque Suédois, ne crut pasdevoir bazarder aucune proposition.
La guerre, allumée dans toute l’Europe, épuisoit les provinces d’honï- 1701*mes & d’argent. Les peuples, accablés & ruinés, formoient des vœuxpour le retour de la paix. Mais quel médiateur assez puissant pouvoit yfaire consentir la Maison d’Autriche, l’Angleterre, & les Etats-Géné-raux? Les troupes Françoises, par un traité, entre l’Empereur & LouisXIV, ayant obtenu la liberté d’abandonner les villes de la Lombardie, cùelles devenoient inutiles, pour retourner en France, où elles étoient né-cessaires., les Alliés, libres fur le Pô-, maîtres du Milanès & du Mantouan,formerent le dessein de pénétrer en Provence, pour y assiéger Toulon. SiégeâtL’armée commandée par le Duc de Savoye & par le Prince Eugene vint Toulon..établir son quartier général près de la Valette, ils attaquèrent la hauteurde Sainte - Catherine , l’emporterent & y placerent le canon destiné àbattre Toulon. Le Maréchal de Tessé qui commandoit farinée Fran-çoise, forma le projet de reprendre ce poste important, qui domine surune partie de la ville:, ayant donné ses ordres, les François fondirent furles Alliés, avec tant de bravoure & d’impétuosité, qu’en peu de mo-mens les fossés de la hauteur furent remplis de corps morts. De huit àneuf cents hommes qui la défendoient, la plupart furent passés au fil deP épée, & quatre bataillons commandés pour les secourir furent taillés enpièces. Cette vigoureuse attaque fit renoncer le Duc de Savoye au pro- Lezéetttejet d’assiéger Toulon; tandis que ses troupes repassoient le Var, le.Prin- ^ e deee Eugene mit les íìennes en quartier d’hyver.. ou cn "
(l) Jmn. tíist. de Louis XIV.
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