.Eect.XIV.fíìst. d’Al*lemagne,
1705-
jusquà nosjours.
J Mort duMarquis deSade.
Les Fran-çois forcentles lignes deStolhoffen.
Les Impé-riaux ah.tr-donnmtleurcamp deGuémund.
& Empe-reur offreeu Duc deJJannovsrle comman-dement deVernie.
4 HISTOIRE DE L’E M P I R Ç
L’Allemagne perdit cette année un de ses plus grands Généraux, c’é-toit le Prince Louis Guillaume, Marquis de Bade, Gouverneur de Raab& Commandant Général des armées de l’Empire. Cette charge étant al-ternative, par un concordat fait entre les Catholiques & les Protestans,l’Empereur ordonna que le Marquis de Bareith & le Prince Eugene com-manderaient alternativement. Les Protestans ne réclamèrent point con-tre cette décision, parce que voyant le Prince Eugene assez occupé enItalie, ils étoient sûrs que le Margrave aurait seul le commandement del'armée du Rhin. Cependant le Maréchal de Villars entreprit de forcerles lignes de Stolhoffen, il ordonna plusieurs fausses attaques le long duRhin, afin de faire croire aux Impériaux qu’il vouloit s’ouvrir un passageà l’ifle du Marquisat. Ce stratagème réussit, les François s’emparerentdes lignes de Stolhoffen, tandis que le Prince de Bareith, trop foibJepour leur résister, fe retirait à la faveur d’un brouillard. La Marquisede Bade effrayée, fe sauva avec ses enfans, laissant dans son château deRastadt ses meubles les plus -précieux. Le Maréchal de Villars lui dé-pêcha un gentilhomme avec un trompette, pour la prier de revenir àRastadt, où elle eut le plaisir de retrouver ses meubles, dans Tétât oùelle les avoit laissés. ti
Après cette conquête, Tannée Françoise, ayant levé des contributionsdans le Wurtemberg, s’avança vers Heilbron, où l’arméeImpériale s’étoitretirée. Mais le Margrave de Bareith, forcé d’augmenter les garnisons deLandaw, de Philipsbourg & de Fribourg, affoiblit tellement son armée,qu’il crut ne devoir pas attendre Tarrivée des François. Les Impériauxavoient pensé que Villars commencerait le siège de quelques-unes de cesplaces; mais le Général François avoit trôp d’habileté, pour s’occuperà assiéger des villes, quand il pouvoit répandre la terreur dans le centre
de l’Alíemagne, & faire périr la petite armée qui fuyoit devant lui. Ayantappris que le Prince de Bareith étoit campé près de Guémund, il envoyaordre au Marquis d’Hautefort de venir le joindre, pour attaquer farinéeimpériale. Quelque diligence que fit le Marquis, il ne put arriver quele 22 de Juin au soir: ainsi Tattaque fut remise au lendemain matin; maisà la faveur de la nuit le Margrave avoit décampé. Le Maréchal deVillars s’en étant apperçu à la pointe du jour, fe mit à la tête de Ja ca-valerie, atteignit T arriéré-garde des Impériaux, & ies chargea si vive-ment , qu’il les poussa jusqu’à leur armée.
L’Empereur, imputant au Margrave de Bareith les suites de Tabandondes lignes de Stolhoffen, donna ordre au Général Heister, d’aller joindrel’armée Impériale; il fit en même tems offrir au Duc de Hannover, lecommandement général de cette armée, dans f espérance que cette nouvelledignité engagerait le Duc & tous les Princes de fa Maison, à envoyerleurs troupes à f armée, & pourrait lui faciliter les moyens d’arrêter lesprogrès de celle de France. Le Duc de Hannover, ou peu flatté de cet-te dignité, ou craignant de courir les risques qui y font attachés, répon-dit vaguement q Ue , si les eaux de Pyrmont qu’il alloit prendre, rétablis-foient fa santé, il examinerait la proposition qu’on lui faisoit. La courde Vienne, désespérant de pouvoir se rattacher, tenta un autre moyen,