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41 (1779) La continuation de l'histoire d'Allemagne, suivie de celle des principaux états qui on part à la souverainété de l'empire ...
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DA L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. XIV. 21

Cependant lEmpereur établissoit de nouveaux impôts dans ses pays hé-réditaires, & ces impôts étoient destinés, en partie, à lentretien delarmée que le Duc de Wurtemberg commandoit fur le Rhin : ce Géné-ral, voulant mettre à contribution les deux Alfaces, forma le projet deforcer les lignes de Weissembourg, & employant la ruse, quand la forceeût été dangereuse, ou peut - être inutile, il laissa courir le bruit quil v e-noìt de recevoir un ordre de détacher une partie considérable de ses trou-pes, pour les envoyer en Flandres, les conquêtes du Maréchal de Vil-lars se multiplioient ; de renforcer les garnisons de Landaw & de Philips-bourg & de repasser le Rhin avec le reste de son armée. Les différensmouvemens quil fit pendant plusieurs jours, confirmèrent le bruit quicommençoit à saccréditer, mais le Maréchal dHarcourt ne fut pas la dupede lhabileté de cette manœuvre, en pénétrant le secret de lennemi, ilprit toutes les précautions nécessaires pour le rendre inutile. Le Ducde Wurtemberg, bien certain davoir échappé à .la vigilance des Françoisquil croyoit surprendre, fit marcher son armée pendant la nuit, sur deuxcolonnes; le Maréchal dHarcourt qui sy attendoit, envoya à la décou-verte un Capitaine de grenadiers, avec un petit détachement: cet offi-cier, sétant trop avancé, se trouva entre les deux colonnes ; aussitôt ilpartagea ía petite troupe en deux corps; le Lieutenant, qui en comman-doit un, marcha quelques pas & fit fa décharge fur une colonne, tandisque le Capitaine faisoit la sienne sur lautre: ce petit détachement se jet-ta ensuite dans un chemin creux & se sauva. Les Allemands ne doutèrentpoint, leur mystère étant connu, que larmée Françoise ne les eût pré-venus; les deux colonnes se rapprochèrent, & dans lobscurité de la nuit,firent feu lune sur lautre, & par cette méprise elles avertirent de leurmarche le Maréchal dHarcourt, qui les força de fe replier fur Weissem-bourg, quils canonerent vainement: & enfin les Impériaux, forcés de dé-camper, repassèrent le Rhin, pour se retirer dans les lignes dEtlingen.

.Nous avons observé que les obstacles à la conclusion de la paix, ve-noient de la Maison dAutriche & des Etats - Généraux , qui, voyantLouis XIV toucher à F extrémité de fa longue carrière, efpéroient quel-que révolution, qu'ils se flattoient de mettre à profit. La Hollande re-fusoit des passe-ports aux Députés de l'Archevêque de Cologne & duDuc Bavière, sous prétexte que ces deux Princes avoient perdu laqualité dElecteur, depuis que Joseph, par un acte dautorité, qui avoitfait murmurer la plus grande partie de lAllemagne, les avoit mis au bande lEmpire: le véritable motif des Hollandois, pour attirer le feu dela guerre, étoit, qu en courant le moins de risques ils étoient, parmiles Alliés, ceux qui en retiroient le plus davantages: Louis XIV, parreprésailles, refufoit de reconnoître Charles VI pour Empereur, parceque son élection navoit pas été régulière, en ce quon navoit appelle àì Di^te Electorale, ni lArchevêque de Cologne, ni le Duc de Bavière,& quon y avoit admis les Ambassadeurs du Duc de Hanover, à qui loncontestoit encore son droit dElecteur ; cette raison, spécieuse en appa-rence, nétoit quun prétexte ; mais, dans les circonstances fâcheuses

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