D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sscr. XIV. 25 ,
Le Ministre de l’Empereur s’essorça vainement de rallumer l’ardeur de E. d’Af-ia Hollande pour la continuation de la guerre, par l’espérance séduisante lemagne,du secours qu’on se flattoit d’obtenìr du Czar, des Rois de Pologne & .de Dannemarck; la République, qui voyoit le danger de près, ne vit ]o U r“. anosque dans l’éloignement les secours incertains qu’on lui promettoit: elle J —.se décida donc à négocier avec la France, & commença par signer avec1 ’ Angleterre le nouveau traité de garantie de la succession à la couronned’Espagne. Dès que les Etats - Généraux eurent sincèrement pris le partide contribuer à la paix, les négociations changèrent de face à Utrecht,
& quoique la France n’y fît un traité qu’avec la Reine Anne, les Rois dePortugal & de Fruste, les Etats - Généraux & le Duc de Savoye, on dres-sa néanmoins celui qui regardoit l’Empereur & l’Empire, que la Reined’Angleterre chargea le Comte de Péterboroug d’en envoyer une copieà Sa Majesté Impériale.
L’Empereur, à qui on paroiíToit vouloir faire la loi, s’offenfa du pro-jet, & plus encore peut-être des réflexions hardies dont le Ministre Arc-glois l’avoit appuyé : persuadé que l’assemblée d’Utrecht seroit enfin laruine de la Maison d'Autriche, il déclara, que fi les négociations ne p-re-noient pas un tour plus favorable à ses intérêts, il obligeroit les Etats dei’Empire à faire revenir leurs Députés & à rompre le Congrès. Les me-naces de l’Empereur n’effrayerent point les Négociateurs; Louis XíV fiede nouvelles propositions à la Cour de Vienne, pour accélérer le mo-ment de la paix ; les articles furent signés par les Plénipotentiaires deFrance, comme s’engageant à l’exécuter, & par ceux de la Grande-Bre-tagne, comme garants de Inexécution: l’Evêque de Bristol les présentaau Comte deZinzendorf ; mais ce Ministre, effrayé d’un projet qui ôtoit àla Maison d’Autriche la plus grande partie de ía Monarchie Espagnole,refusa de les signer. La Cour de Vienne approuva la conduite de son Plé-nipotentiaire; elle voulut éviter la conclusion d’une paix si peu avantageu-se pour elle, après s’être laissée séduire par les plus brillantes espérances,
& néanmoins ne croyant pas devoir faire paraître son opiniâtreté à vouloircontinuer la guerre, elle proposa très habilement une trêve de quelques'années, pendant lesquelles chaque Puissance jouïroit paisiblement de sesconquêtes, fans que TEmpereur fut forcé de renoncer à la succession de-là Monarchie Espagnole. L’idée de cette trêve, le chef d’ceuvre de Ja.politique Autrichienne, fut applaudie par tous les Princes de l’Empire,qui se flattaient d’en retirer de grands avantages : Charles VI, de son cô-té, conservait par ce moyen la possession de ia Catalogne & celle de tou-tes ses conquêtes d’Italie; il avait lieu. de croire, d’ailleurs, que si la.
Reine d’Angleterre, dont. la santé était faible, venoit à mourir pendantla trêve-, il trouverait dans le Duc de Hanover, son successeur, un puis-ant défenseur de ses prétentions.
La: Grande - Bretagne & ia Savoye avaient déjà réglé leurs intérêts..
Les Plénipotentiaires, des autres Puislànces se hâtèrent de soutenir leursdroits; les uns pour se maintenir en 'possession, les autres pour y rentrer,quelques-uns.pour acquérir -, plusieurs pour. ne rien perdre, K tous pour*
«luxer, leurs avantages. -Les. Ambassadeurs des Provinces - Unies, ayant