Sect. XIV.JJi/i. d’Al-Jeinagne,
1705.
jufqu’à nosjours.
84 HISTOIRE DE L’EMPIRE
let des mouvemens qui firent penser au Général Daun qu’il l’alloit fui'vre; ce qui le détermina à marcher lui-même vers la Silésie. Frédéricqui n’avoit cherché qu’à l’éloigner de Dresde , par des marches forcéesrevint le 12 Juillet devant cette ville, se flattant peut-être de la pren-dre par un coup de main ; mais on avoit pourvu à fa fureté, de fortequ’il fut obligé de l’afliéger dans les formes. II ne réussit pas r l’Armée del’Empire, jointe par le corps du Général Lafcy & autres, étoit aux en-virons, & bientôt le Maréchal Daun arriva avec son Armée; ce qui l'o-bligea à lever le siégé. En attendant le Général Laudohn, après la reddi-tion de Glatz, comptant fur la jonction des Russes que des pluyes conti-nuelles empêchèrent d’avancer, affiégeoit Breflau ; mais à rapproche duPrince Henri de Prusse, il n’hésita point de lever promptement ce siégé& de fe retirer à Canth, où il prit une bonne position..
Le Roi de Prusse & le Maréchal Daun, s’étoient de nouveau portés enSilésie; le but de S. M. étoit d’empêcher les Russes qui étoient arrivésfur l’Oder de fe joindre aux Autrichiens ; il avoit pris son camp à Lignitz,quand Daun, Laudohn, Lafcy, les Barons Beck & Ried résolurent del’attaquer de tous côtés. Laudohn fe met en marche , rencontre desPrussiens près de Humelen, & y engage un combat, qui dura quelquesheures, avant qu’il s’apperçut qu’il avoit à faire à toute l’armée Prus-sienne, & que les autres Généraux n’étoient pas à portée de le secourir;aussi après avoir fait une perte considérable, il songea k' la retraite qu’rlfit dans le plus bel ordre. Cette affaire non feulement rouvrit aux Prus-siens la communication avec Breflau, mais obligea les Russes à repasserl'Oder à rapproche du Roi, & déconcerta tout le plan arrêté entreeux, les Autrichiens & les Suédois. Les François fur ces entrefaitespénétrèrent dans la Hesse, & quoique Je terrein leur fût disputé pied àpied, ils prirent Cassel le 31 Juillet; un corps de leurs troupes campéprès de Warbourg, & commandé par le Chevalier de Muy, y fut atta-qué justement le même jour & obligé de fe retirer, par le Prince hérédi-taire de Brunswic. Quelque tems après ce prince fut détaché par leDuc Ferdinand, dans la vue de faire abandonner la Hesse aux François,vers le bas Rhin, où il prit Cleves, Rheinberg& assiégea Wefel: îe Ducde Broglie y envoya le Marquis de Castries, Rheinberg fut repris , ilalla camper à Clostercamp ; le Prince héréditaire de Brunswic vientpour P en déloger, ne réussit pas, fait lever le siégé de Wefel & repassele Rhin ; depuis il ne. fe passa rien de remarquable entre les deux ar-mées pendant cette campagne. En Saxe, l’armée de l’Empire délogea deTorgau un corps de troupes que le Roi de Prusse y avoit laissé fous leGénéral Hulfen; ce qui donna occasion au Duc de Wurtemberg d’avan-cer de Halle, avec son corps d’Auxiliaires, pour prendre possession deLeipzig; & bientôt toute le L axe fut délivrée , du moins selon desécrivains un peu partiaux, car on ne fait si c’est être délivré, de chan-ger des persécuteurs fous le nom d’amis, contre d’autres qu’on appelloitdes ennemis, puifqu’à en croire les habitans, les Autrichiens, vû leurpeu de discipline, leur ont fait autant de mal que les Prussiens durant cetteguerre. Les Russes affiégoient Colberg en Poméranie, mais le Général