D’A L L E M A G N E. Lrv r XXV. Sëct. XIV. 8J
Prussien Werner, que le Prince Henri avoit détaché contre eux, réussità leur faire lever ce siégé : ils marchèrent vers Gros - Glogau ; leur Géné-ral Totleben paílà l’Oder avec un gros corps d’Artillerie & se joignit àLascy, Général Autrichien, détaché de leur armée pour aller faire unevisite à Berlin, qu’ils surprirent, y îeverent une grosse contribution, &s’enfuirent dès que le Roi s’approchoie pour sauver sa capitale. Le Roide Prusse tira de Silésie & d’autres endroits toutes les troupes qui n’étoientpas absolument nécessaires pour observer la grande armée Russe & lesrassembla près de Witténberg en Saxe ; ce qui fit rétrograder farinée deTEmpire & abandonner Leipzig. Le Maréchal Daun, qui préferoit lesopérations utiles aux actions d’éclat, Tavantage certain de fatiguer, d’é-puifer son ennemi, à la gloire incertaine de le vaincre , s’étoit campéentre Zinna & Siplitz près de Torgau. Le Roi de Prusse résolut de for-cer ce îemporìseur à en venir à un combat qu’il évitoit, mais qu’il neredoutait pas ; il l’attaqua dans fes retranchemens : faction dura plus desix heures j même ardeur dans l’attaque, même fermeté dans la défense.Roi, Généraux, tout est Soldat ; Frédéric est blessé à la poitrine ; leMargrave Charles Test à la cuisse, & Daun a une jambe fracassée. Lecombat se prolonge dans la nuit; Frédéric ne combat plus*, mais ilcommande encore : les Prussiens fous le Général de Ziethen fe rendentmaîtres des hauteurs de Siplitz: le Comte O-Donell commande les Au-trichiens en l'absence d u Maréchal Daun, fait une retraite admirée defes ennemis même , passe l’Elbe , & va prendre ses quartiers fous lesmurs de Dresde : le champ de bataille resta aux Prussiens , mais il neleur couta pas moins cher, que la perte en coutoit aux Autrichiens,-quise maintinrent tout l’hiver aux environs de Dresde , quoiqu’ils y fu-rent souvent inquiétés par leurs ennemis.
Dès le mois de Février la campagne suivante est ouverte; le Fïincehéréditaire assiégé Caffel ; le Maréchal de Broglie le force à aban-donner cette entreprise ; mais ce Général & le Prince de Soubife, vain-cus à la journée de Filingshauscn, se retirent, le premier dans la Hesse,Pautre vers le Bas Rhin & n’entreprennent plus rien. Les Autrichienstriomphoient dans la Silésie, & (ce qui est plus heureux encore) triom-phoient fans combattre. Frédéric ne put prévenir leur jonction avec lesRusses; ceux-ci s’emparerent de Treptow & de Colberg; Laudohn fejetta dans Schweidnitz avec la rapidité de la foudre , & prit cette villeavant qu’on eut le temps de songer à la défendre.
La position avantageuse des Russes & des Autrichiens, leur intelligen-ce, l’habileté de leurs Généraux, tout menaçoit Frédéric pendant Tan-née 1762 d’une campagne désastreuse , lorsque TImpératrice Elisabethmourut. Pierre III son neveu, ami du Roi Philosophe & Soldat, montésur-le trône des Russes, ordonna à fes troupes de quitter le parti deTAutriche pour embrasser celui de Frédéric ; mais bientôt Pierre IIItombe du trône, & son épouse Catherine d’Anhalt-Zerbst y monte ; ellerappelle ses troupes, pour affermir la révolution: Frédéric n’a plus d’au-tre Allié que lui-même,, d’autre ressource que son courage; par desmarches tortueuses il arrive fous les murs de Schweidnitz, dont il
L 3
fíist. d’AI-lemngne,
17Ó5.
jusqu’à nosjours.
Victoire ifssPtusìctu.
n 61;
II $-2.
Le s Russesthavgem i!ïparti £?/<mírappelles,