Sect. in.Hili . de
Bohême,
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1516.
L «HW,
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*40 HISTOIRE DE BOHEME,
telleries, on les égorge, on les dépouille. Etienne Battori que la for-tune & son mérite destinoient à porter un jour la Couronne de Polognene fut pas plus respecte que les derniers soldats ; enveloppé par une trou-pe de séditieux, voyant que dans ce péril le courage est inutile il a re-cours à la ruse, & jette quelques pieces d’or à ces furieux ; tandis qu’ilsse les disputent, il s enfuit: d’autres mutins le poursuivent; il se sert dumême expédient, & parvient enfin au palais du Roi, toujours fuyant,toujours poursuivi, & arrêtant, de distance en distance, la course desassassins, en jettant de 1 or derriere lui. Le crime étoit odieux ■ le châ-timent fut sévère; les coupables furent condamnés à divers sunlices - lemoins cruel fut d’être décapités : mais tous ceux qu’on trouva revêtus-des habits des Hongrois furent écorchés vifs. Ladislas retourna en Hon-grie; & pendant neuf années, occupé du gouvernement de ce Royau-me, négligea celui de Bohême ; ma is les suites des anciens troubles a-voient appris aux Bohémiens quels sont les dangers de l’anarchie - &maigre 1 absence de Ladiflas , 1 Etat fut tranquille. Ce Roi mourut enijió & ne fut regretté ni en Hongrie ni en Bohême: la Hongrie feuleavoit été l’objet de ses foins politiques, & cette prédilection sembloicêtre l’effet de la crainte dont il fut frappé lorsque les séditieux de Praguemenacèrent ses jours. Le produit des impôts étoit la proye de ses offi-ciers, & lorsque fa cour étoit heureuse, il ne pouvoit concevoir que lepeuple fut a plaindre; les cris d es infortunés, ceux des deux nations op-primées , ne parvinrent à son oreille qu’à l’instant où la mort alloit lefrapper: alors il révoqua toutes le* donations qu’il avoit faites à ses Bat-teurs, aux dépens de ses peuples & au détriment de fa couronne.
Louis suivit Jes traces de son pere; il étoit né avec d’heureufes dispo-sitions, mais la mauvaise éducation qu’il reçut corrompit ces dons de lanature: il eut tous les talens, excepté celui de gouverner; il sot habileécuyer, élégant petit-maître , danseur gracieux, & oublia d’être Roi - lesarts utiles furent sacrifiés aux arts futiles; la cour donna aux provincesì’exemple du faste;, ce n’étoientque fêtes, que spectacles, que tournoistandis que les peuples gémissoient & que Soliman faifoit des préparatifscontre la Hongrie. Louis ne parut que deux fois en Bohême nnnr ^recevoir des hommages, & pour placer la couronne sor la tête de Marieson épouse: tous les efforts de son autorité se bornèrent à quelques chamgemens dans la Magistrature au gré de ses sujets, car il n’étoit point dans1 univers de corps politique, où il fut plus important de choisir des Sé-nateurs agréables aux peuples, que chez les Bohémiens, qui auroient par-donné à leurs Souverains tous leurs excès, mais ne pardonne! en t point au^juges les fautes les plus légeres; du reste, la Bohême ne s’apperçut noinrque Louis regnoit sor elle, que par l’exactitude de ses officiers à ner-cevoir les impôts. Charles de Munsterberg avoit le titre & l’autorité d’nnVice-Roi (,) fans en avoir les talens; S ne songea qn'à rcoSter lâ
fok ï pe t ndâm 1 lc“ al ”«® at «““verna lui même comme il avoir
fait pendant le régné de Ladiflas: enfin le Roi Louis, victime de fa pro-
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