DE SILÉSIE. L iv. XXVII. Se ct. IV. (129)
mers de guerre : ils s’emparerent également de diverses places^voisines & fíist. deils leverent partout de fortes contributions. Cependant l’armée du Prince Silésie,Charles s’avançoit à grandes journées: elle avoit repassé le Rhin à lavue des François qui n’en inquiétèrent que l’amere-garde, & dès qu’ellefut fur le point d’entrer en Bohême, les Prussiens fe tinrent fur la dé-fensive & évacuèrent quelques places qu’ils avoient occupées. Depuisce moment les choses changèrent de face à l’avantage de la Maisond’Autriche. Une armée de vingt deux mille Saxons fe joignit à celledu Prince Charles. Une autre de vingt cinq mille Insurgens Hongroisfe mit en marche & entra dans la Moravie pour protéger ce Marquisat.contre les entreprises de sennerifi.
Au fort de tous ces mouvemens Je s habitans de la Silésie conçurent snquutu -les plus grandes inquiétudes fur leur fort, & ce n’étoic pas fans fonde- cks desment: dans les premiers jours du mois d’Octobre, des essains de trou-pes légeres firent de fréquentes irruptions^ dans ce Duché & y commi- %iâ.,renc de grands excès, enlevant tout ce qu’elles pouvoient emporter &extorquant de grosses contributions. A la vérité le Roi de Prusse y fitdéfiler quelques corps de troupes réglées ; mais leur présence ne putremédier qu’en partie aux désordres. Les Princes d’Allemagne, invités i SÍ p rin *d’accéder à l'Union de Francfort, refusèrent de le faire, sous prétexte ces à'sii’.que le Roi de Prusse avoit recommencé la guerre, plutôt pour opérer lemagneune diversion en faveur de la France «St pour affoiblir la Maison d’Au- r jf u j c fîtriche, que pour relever la dignité Impériale. On difoit même assez à mL'™publiquement, que, puisque le Roi de Prusse avoit rompu le premier de Franc-le Traité de Breslau, il étoit déchu de tout droit fur la possession de la /"'**Silésie. Depuis le commencement d’Octobre, les Prussiens ne firentplus aucun progrès; ils fe tinrent toujours fur la défensive, & il futimpossible à farinée combinée de les engager à une action générale. LeRoi fe contenta d’avoir une communication libre avec ses Etats héré-ditaires, avec la Silésie & avec la ville de Prague; enfin il fe déter-mina à envoyer ordre à la garnison de cette ville, qui étoit d’environdix mille hommes, de sortir & de venir rejoindre l’armée.
Autant l’invasion des Prussiens dans la Bohême fut heureuse, autant Suítssfn.eût-elle des suites funestes; elle attira fur la Silésie de fréquentes irrup- n v e ft iSrions. La désertion se mit parmi les troupes & gagna même les meil ‘desPrus.leurs soldats. On prétend que le nombre de ceux qui abandonnèrent le s tens dansRoi de Prusse, montoit à environ vingt mille hommes. Aussitôt que la la Bo-Bohême fut délivrée des troupes ennemies, f armée de Saxe prit ses béme -quartiers d’hiver dans le même Royaume, afin de couvrir les endroitsqui paroissoient les plus exposés à une nouvelle invasion; mais celle de f b e t m d a c r s ~la Reine, après avoir traversé le Comté de Glatz, entra dans la Haute Cû urs deSilésie & s’empara en peu de jours de tout le pays jusqu’à la rivière de ViennesNeiss. Tant d’heureux changemens firent croire à la Cour de Vienne de Prusseque le tems étoit enfin venu où il lui feroit possible de*reconquérir ce P our fiDuché. En conséquence, outre les arrangemens militaires que l’on prit, suéfíenTla Reine adressa aux Etats & aux habitans de la Silésie & du Comté de favorables •Tome XLI.