(làZ) HISTOIRE DU DUCHÉ
Sect. IV. En conséquence de ce Traité d’Union, & peu de teins après que leBfsf de Prince Charles eût passé le Rhin & pénétré dans le cœur de BAlsace, le^40-^763. ^oi de Prusse se mit à la tête d’une armée de près de cent mille hom-
—-mes, à laquelle il donna le nom d’armée auxiliaire de l’Empereur : elle
íe Roi prit la route de Saxe, traversa l’Electorat, sans attendre que la Courde Prusse Dresde y eût consenti, & alla assiéger Prague. Cette invasion em-Tas'axe barrassa & révolta les Tuissances alliées de la Cour de Vienne, & lesavec son confirma dans l’idée 0C1 elles étoient que le Roi de Prusse n’agissoicdearmée U la forte qne pour forcer la même Cour L retirer ses troupes de l’Alsace•vient met- A ] a Ettre par ]à hors d’état de reprendre la Silésie. Peut-être aussitr „l craignoit-il, qu'au moyen de quelque léger sacrisice la Reine de Hon-Prague. grie 11e se réconciliât tout à coup avec la France & l’Empereur, &qu’ainsi n’ayant plus d’ennemis, cette Princesse ne fût tentée de profiterde la conjoncture pour faire rentrer ce Duché fous fa domination.Quoiqu’il en soit, le Roi de Prusse, dans la vue d’affoiblir ou d’effacerrimpression que l’Union de Francfort & les démarches qui l’avoient
Manifeste suivies, avoient pú faire fur le public, jugea devoir adresser aux prin-
de ceMo- c jp 3 ] es Puissances un écrit, dans lequel il cherchoit à justifier les motifsnargue. ^ l’avoient obligé à donner des troupes auxiliaires à l’Empereur.
Déclara- Dans le même tems, le Comte de Dohna, Ministre de la Cour de
tion du Berlin auprès de celle de Vienne, se disiposa à s’en retirer, fous pré-Ministre t exte de vacquer à ses affaires particulières: avant de prendre congé,aux Mi- ^ eut une Conférence avec les Ministres Autrichiens, dans laquelle ilnistres leur déclara , que dès la paix de Breslau l’intention du Roi son maîtreBmî- n’avoit point été de se mêler des différends que la Reine avoit avecchiens, fi'gutres Puissances ; mais que la Cour de Vienne se feroit illusion sielle croyoit que ce Monarque, en sa qualité d’Electeur, pourroit voiravec indifférence outrager la Dignité Impériale dans la personne del’Electeur de Bavière, légitimement élu, renverser le système del’Empire & opprimer les Etats de cet Auguste Prince, fans prendre desmesures propres à faire cesser des menées aussi dangereuses que con-traires aux Constitutions ; & que c’étoit dans ce dessein qu’il avoit prisle parti de s’unir avec l’Empereur & de lui fournir un corps de trou-pes auxiliaires. Cette déclaration ne surprit point les Ministres de laReine; ils prierent le Comte de Dohna de leur en donner copie ; maisil refusa de le faire, alléguant pour excuse que le Roi son maître le luiavoit expressément défendu. II eut néanmoins la complaisance d’enfaire trois fois la lecture, & la Cour de Vienne y répondit quelquetems après par un Mémoire iort étendu & accompagné de pieces quin’avoient pas encore été publiées jufqu’alors.
Enfin la Reine de Hongrie ne pouvant plus douter que ce Princen’eût formé Je dessein de conquérir la Bohême, donna les ordres nécessai-res pour faire revenir l’armée qui étoit commandée par le Prince Char-les de Lorraine, & qui, après avoir passé le Rhin, il y avoit deuxtáîe C Jkh mo ' s » àoit à la poursuite de celle de France : les Prussiens forcerencJ ìobîme en attendant la Capitale de Bohême de se rendre par capitulation, aprèsçafituie. douze jours de tranchée ouverte, & fa nombreuse garnison fut faite prison-niers