DE SILÉSIE. L iv. XXVII. Sec t. IV. (135)
lion , fit éprouver à la Silésie des maux de toute espece. Une grande hì /1 departie de ce Duché tomba plus d’une fois au pouvoir dés ennemis, Russes Silésie,& Autrichiens; mais ce qui désola le plus cette belle Province, furent les
invasions qu’y firent continuellement les infurgéns de Hongrie & d’au- —1-'
tres troupes légeres. Un événement qui arriva au commencement defannée 1762 fraya le chemin à la paix générale de TEurope. Elisabeth, PierreImpératrice de Russie, mourut, & eut pour successeur Pierre Í 1 L. Ce 111 aiíPrince ne fut pas plutôt fur le trône, qu’il rappel!a les troupes auxiliai- tr ^ n l deres qu’Elisabeth avoit envoyées au secours des Autrichiens; mais ayant 1762.été détrôné quelques mois après, Catherine II qui lui succéda, renvoya Ce Princed’abord en Silésie le même corps de ses troupes & rompit l’accommo- e ft dttrô-dément fait par son prédécesseur. Mais jugeant bientôt que pour s’aF-fermir fur le trône, il étoit nécessaire que son gouvernement fût paisi- iJsiLble, elle fit revenir ses troupes. La Suede, lasse d’une guerre qui luimfe.étoit très préjudiciable, suivit, cet exemple, L les Rois de France &d’Angleterre, qui désiraient également le retour de la paix, convinrentdes préliminaires ; ils furent signés le z Novembre. L’Efpagne y accédapeu de tems après; la plupart des Cercles d’AUemagne embrassèrent leparti de la neutralité : enfin l’Impératrice-Reine & le Roi de Polognefirent aussi leur accommodement avec la Cour de Berlin. Cette double Paixréconciliation ^consomma Touvrage de la pacification générale, qui futsignée au Château d’Hubertsbourg en Saxe le 15 Février 1763, & eut herts ’pour base les Traités de Breslau & de Dresde. Ainsi la possession deia Silésie fut assurée pour la troisième fois à Sa Majesté Prussienne. 7 3 ‘
L’Europe fut étonnée devoir que ce Monarque eut obtenu ou plutôt Conclu.dicté une paix si avantageuse, & conséquemment si glorieuse pour luH".
On s’étoit persuadé qu’il ne pourroit pas résister à la longue à tant d’en-nemis réunis. Son Duché de Cleves & ses autres possessions du Bas-Rhin étoient entre les mains des François; une grande partie de sonRoyaume se trouvoit au pouvoir dp Russes ;la‘Poméranie étoit désoléepar ì’invafion des Suédois, & plusieurs villes de la Silésie étoient occu-pées par les Autrichiens : deux fois la capitale avoit été forcée de sesoumettre, d’abord aux Autrichiens, ensuite aux Russes. Enfin, après]a perte de Colberg, il ne lui restoit plus que deux places tenables,
Stettin & Msgdebourg, & cet état critique faifoit regarder générale-ment la restitution de la Silésie comme certaine & inévitable. Cepen-dant ce Prince chercha & trouva des ressources. La principale étoiten lui-même ; fa constance, son activité, ses talens militaires lui firentsouvent surmonter les plus grands obstacles. Ne pouvant faire facepartout, il sçut néanmoins de tems en tems, par le gain d’une bataille jporter des coups sensibles à ses ennemis. Comme seá revenus ordinairesétoient fort diminués par la perte de tant de Provinces > il osa y suppléerpar la fabrication d’une monnoie dont la valeur intrinsèque étoit debeaucoup inférieure à la valeur numéraire. D’ailleurs, l'Angleterre luidonnoit un subside annuel de sept cent mille livres sterlings, & il tiroitde la Saxe tous les ans , outre une grande quantité de fourrag.es & de