(i 9 <5) HISTOIRE DU ROYAUME
Hist. de ses parens & ses amis; à peine avoit-il fait quelques pas qu’il vit avan-Bologne, cer vers lui deux jeunes inconnus, qui lui dirent que le tyran venoitàe tes chasser de íà cour, & qu’il s écoienc fans secours & fans asyle.
- Piaftp ne démentit point dans cette occasion son caractère généreux &hospitalier, il invita les deux inconnus à se reposer sous son tort rusti-que , & leur servit le festin destiné pour sa famille: il donnoit un nou-veau prix à ce bienfait , parTair engageant & poli avec lequel il entrete-noit ses hôtes. Sa vertu ne resta point fans récompense: par un pro-dige inouï-, à ce qu’on raconte, les viandes que Piaste avoit posées furla table , loin de diminuer ne firent qu’augmenter; de forte qu’il y enUn simple eut assez pour rassasier tous ceux qu’il avoit dessein d’inviter; prodigehnbìtaht (fe-qui se - renouvella d’une maniéré bien plus frappante, lorsque la nationKruswick, p e p ut assemblée pour la seconde fois à Kruswick & que son immense’pisjle,eft multitude ayant en peu de temps consumé tous les vivres quf se trou»proclamé voient dans la ville, éprouva bientôt les rigueurs d’une cruelle disette.Dur. île Po- L es deux jeunes inconnus se présenteront de nouveau à Piaste & luii«£ne. ordonnèrent de distribuer au peuple le peu de vivres qui lui restoient:il obéit & soudain on vit ses provisions fe multiplier a un tel point qu’ilse trouva de quoi nourrir pendant plusieurs jours cette multitude que"i’ambition, l’imérêc ou la curiosité avoit attirée à Kruswick. Enfin onveut que cette marque visible de la protection du ciel- engagea les Po-lo n ois a choisir Piaste pour leur Duc, & que les concurrens même luidonnerent volontiers leur suffrage. Piaste craignant le danger des hon-neurs, â redoutant le poids du sceptre, refusa d’abord d’aceepter lérang qu’on lui décerne!t; mais ses hôtes lui ordonnèrent de fe confor-mer aux vœux de la nation j ât encore vêtu de ses humbles habits;n’ayantpour chauíïtire que des guêtres faites d’écorce de tilleul, (i)Pias-te fut conduit en triomphe au palais, & salué Duc par les grands & lepeuple: alors ses deux- protecteurs s’évanoui-rent ôe ne reparurent plus,n, C’est ainsi que les historiens Polonais racontent cet événement: en
- .uj.e. ... .» ... . .... .... . - -
84 i.
•sujtìgouverne-
Pin/l
le-dégageant des fictions dont il leur a plu de l'orner, il semble résulterque Piaste étoit un honnête bourgeois de Kruswick', quis’appercevantejje dague Ja disette- commenjoit à ; s’y faire sentir, ouvrit ses magasins &mevTde' nourrit le peuple pendant quelques jours. Cette libéralité ne pouvoitque lui gagner la bienveillance de la nation -, qui vit-dans son procédéane noblesse qui réparait bien l’obscurité de sa naissance. Ce Prince. 11edémentit point sur le trône les vertus qu’il avoit fait éclater dans fapremiere condition-(2) ; fa bienfaisance-sembla s’accroître à-raison dtithéâtre où il étoit placé: le palais de Kruswick lui étant devenu odieuxpar l’horreur qu’il avoit conçue pour le meurtre des oncles de Popiel,A pour la. fin tragique de ce Prince, il fixa.son, séjour à Ghesné, deve-nue par-là une seconde fois la Capitale de la Pologne. Peu jaloux dim*mortaliser son régné par des conquêtes & des expéditions guerrières, ilne s’ôceupa qu’à rétablir, dans ses Etats la- tranquillité. & la concorde,
fr) Vigenere Crpn .Ann. de P éloignérrlojs, Lib. 1. P'ast, ab. Ilirtevbérg. Eíp,.
. (js).- Merlin. Cromer. Lib, II, ?0SN. Dhb
Psion,. Lib. I. Cab. Xí.'