DE P 0 LOG NE, Lïv. XXVIII. Sect. I. (19?)
â rappelles les bonnes mœurs que l’exemple des deux derniers Ducs Hift. -ksavoient altérées, à adoucir l’âpreté sauvage de fes sujets, enfin à ré-, p ° 1<5 Ê ne *primer leur amour pour le brigandage. On ne sçait rien des actions 954.
particulières de ce Prince. II mourut à Gnefne pleuré de fes sujets , &___
regretté même des étrangers qui eílimoient ses vertus; il fut le chefde la célébré Maison des Piastes, qui a donné tant de Souverains à la Po-logne , ainsi qu’à la Silésie , & s'est éteinte dans le dernier siecle par lamort de George Wilhem, Duc de Liegnitz & de Brieg. (1)
La sagesse avec laquelle Ziémovit , fils de Piaste, gouverna les Polo- ziêmovh.nois, les consola de ia perte de ce Prince chéri. Ziémovit avoit été 861. 'formé de bonne heure à la vertu, par sa mere Rzépicza, que les his- ^ u ^ tl0n .toriens représentent comme un modele de sagesse & de prudence (2) : ^ lL,no 'l’éducatien ne fit que développer les heureuses qualités que Ziémovitavoit reçues de la nature; dès íes plus tendres années on présagea qu’ilferoit un jour le bonheur & la gloire de ia Pologne. Ardent, vif, in-fadguable, bravant les saisons, supportant gaiement la soif & la faim ,-on le voyoit sans cesse s’exercer aux travaux pénibles de la guerre.
Piaste n’avoit point cru devoir l’écarter du gouvernement, & déroberà fa vue les ressorts de la machine politique: admis à tous les conseils,
Ziémovit apprenoit de son pere le grand art de gouverner les hommes;
& de s’en faire obéir en s’en faisant aimer (3): la vieillesse qui dans lesPrinces ordinaires, à mesure qu’elle affoiblit leurs forces, les rend plusjaloux de leur autorité, ne fit qu’augmenter la confiance de Piaste dan®les talens de son fils: il fe reposent fur Ziémovit des affaires les plusimportantes , & ce vieillard vénérable descendit au tombeau avecdouce consolation qu’il laissoic le sceptre à des mains dignes de le por-ter. Le premier soin de Ziémovit , lorsqu’il fut monté sur le trône J* 5 tT3ll t i: °fut de former ses sujets à la science de la guerre (4): avant lui la tacti-que des Polonois-, confissent à «assembler tumnltuairement, à fondrefur l'ennemi avec impétuosité, à le poursuivre s’il fuyoitr, & à -fuipeux-mêmes s’il tenoit ferme: jusques-là toutes leurs expéditions n’a-voiént'été que des courses de barbares. Ziémovit leur apprit à fë pré-senter en ordre de bataille, à charger avec lenteur, ii se rallier lorsqu’ijsétoient enfoncés, à former une colonne impénétrable pour l’ennemi,ou~àr fe diviser en différens pelottons pour l’envelopper, enfin-à-tirerparti même de la perte d’une bataille, par une retraite souvent plushonorable qu’une victoire. Les Hongrois, les Moraves & les Prussienséprouvèrent bientôt les effets de In discipline que le Duo de Pologne
(O Arrivée le 21 Novembre 167s. On'nomme encore aujourd’hui en Pologne Piaf -tès\ tous les nationaux qui aspirent à la couronne: on peut voir la généalogie dea dif-férentes-branches de Ia Maison de Piaste dans l’ouvrage de Spener, intitulé : Sylloge Ge*nealogico-historien & numéro ptœup.famil. quib, suas Principes German. nostf débet-,,decim exhibens. Franco/. 1668. p. 2§9 & Juìv.
(2) Joan. Dtugoss. Lib. I- Mars. Cramer. Lib, I. (z) Vigenere Croniq. U st w .de Poloigne. p. 26. (4) Joan. Dlugloss. hst. Pal. Lib . l. Joan. Crom. in rer. Sites, -
Script, Tom. I. ?« 4 -
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