LIVRE l w ,, CH AP. II. 125
A la tête de ce parti figurait Mirabeau, connui par plusieurs écrits polémiques et par sa célèbre; réponse au garde-des-sceaux à la séance du z 3juin. Cet homme extraordinaire semblait réelle-ment né pour régir un état. Dédaigné par l’ancienj gouvernement, on attribua son éloignement des| affaires aux désordres qui avaient signalé sa jeu-nesse et fait naître des doutes sur sa moralité; onlui a imputé le projet d’aspirer au ministère et; d’avoir voulu placer la cour dans une situation àne pouvoir se passer de ses services, et il fautavouer que si on avait eu recours à lui en 17S7J,en l’investissant du pouvoir immense conféré àM. de Lomenie , il est probable que la révolutionn’aurait pas eu lieu. Il serait injuste de dire queMirabeau n’y ait participé que pour son intérêtparticulier; ses principes l’y portaient naturelle-ment. Doué d’un génie vaste et hardi, il voulaitde la célébrité ; et considérant l’autorité absoluecomme un obstacle au développement des grandstalens, il désirait à peu près la constitution an-glaise, qui, plus favorable aux discussions publi-ques, lui assurait une influence proportionnée àson mérite, et semblait satisfaire en même tempsl’amour-propre des Français ; l’envie de jouer unrôle s’allia donc à ce qu’il croyait l’intérêt de sonpays.
A côté de lui brillait l’abbé Sieyes, d’une élo-