LIVRE I er , CHAP. II. 129
tôt contagieux ; c’était à qui abandonnerait lesdrapeaux du Roi pour se ranger sous ceux de lanation, comme si ces deux mots ne devaient pasêtre toujours synonymes. La marine même neresta pas exempte de la contagion, de nombreuxdésordres eurent lieu dans tous les ports.
Quelques rayons consolateurs venaient de loinen loin éclairer cet horizon couvert des plus af-freux nuages. Le retour de Necker et la séancedu 4 août furent de ces interstices heureux. Ceministre avait reçu à Bâle la nouvelle de son rap-pel ; son retour fut un véritable triomphe, et l’i-vresse qu’on manifesta, lors de son apparition àl’Assemblée nationale et à l’Hôtel-de-Ville deParis , contrastant singulièrement avec la positioncritique de la cour, offre un exemple remarqua-ble des vicissitudes de la fortune. Le citoyen deGenève reprenait pour la troisième fois le timonde l’Etat, plus puissant en apparence que le Roidont il avait, en quelque sorte,ébranlé l’autorité:mais sou illusionfut de courte durée ; idole d’unefaction que la victoire avait rendue orgueilleuse,il ne pouvait compter sur son culte qu’en ser-vant ses passions, et sa chute fut inévitable dèsl’instant où il se trouva en opposition avec elle.
Le 4 août, l’Assemblée délibérant sur les pro- Séance du 4positions de MM. de Noailles et d’Aiguillon, dé- ii t iôn desputés de la noblesse, prononça l’abolition de P il '’ il£ o es -tous les privilèges. Il fut sublime et touchant le
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