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Tome premier. Introduction.
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LIVRE 1 er , CHAP. II. l39

Cette armée qui ne montait guère à moins de20 mille hommes, marchait sur plusieurs colon-nes avec une avant-garde et du canon, commes’il eût été question d’attaquer les plus dange-reux ennemis de la France : elle était suivie d’unefoule de mauvais sujets accourus de toutes lesparties du royaume , armés de bâtons ferrés oude piques, et dont la figure étrangère et sinis-tre contrastait avec celle des habitans de Paris ,composant la garde nationale.

Par la lenteur de son départ, et celle insépa-rable d’une telle marche, Lafayette courut risqued’arriver trop tard. Depuis long-temps en effet latroupe des mégères de la balle et des faubourgs,renforcée de la populace de Versailles et mêmed'une partie de la garde nationale de cette ville,entourait le château, et ces séditieux après avoirtiré plusieurs fois sur les gardes-du-corps, s’é-taient avancés dans la cour des ministres , sansque les troupes, qui avaient défense de faire feu,pussent s’y opposer^

Les femmes venues de Paris demandaient dupain ; la garde nationale ne savait trop à qui elleen voulait; sa rage se tourna contre ces mêmesgardes-du corps qui l’avaient accueillie avec tantde fraternité quelques jours auparavant, et dontelle affectait alors de partager les sentimens. Unecirconstance qui prouve combien peu la multi-