LIVRE 1 er , CIIAP. II. 140
Iribua du moins à diminuer les regrets que cechangement forcé de résidence eût inspiré auMonarque. L’Assemblée resta encore quelquesjours dans cette ville, et ne suivit la cour à Paris que le i 5 .
Deux partis différens semblent avoir complotécette funeste journée, Fun pour amener Louiset l’Assemblée à Paris , afin de faciliter aux sédi-tieux les moyens de s’emparer de l’autorité parla multitude de la capitale; l’autre pour attenteraux jours de la Reine et forcer le Roi à la fuite,afin de placer le duc d’Orléans à la tête des affairesen qualité de régent.
On désigna Mirabeau et le duc d’Orléans ,comme instigateurs de ces complots, et une pro-cédure fut même dirigée contre eux par le Châ-telet ; mais soit que leur parti se trouvât déjà toutpuissant ou que leurs trames eussent été biencouvertes, ils furent disculpés par l’Assemblée.
Le discours tenu un an après à la tribune pu-blique par Mirabeau, et consigné dans le Moniteurdu 4 octobre 1790, ne laisserait point de doutessur ses projets, s’il ne s’était vanté plus d’une foislui-même d’avoir amené le duc d’Orléans au pieddu trône, sans que ce prince sût y monter.
Cette émeute, plus désastreuse que celle du14 juillet, fut moins signalée parle nombre desvictimes, que par les attentats qui avaient étémédités, et les vues audacieuses des conjurés qui
Mirabeau etd’Orléausaccusés.