LIVRE 1 er , CHAP. III. l55
assez sage pour se rapprocher des intérêts mari-times du cabinet de Versailles , elle était trop ha-bile aussi pour ne pas tirer parti d’un changementde circonstances , et profiter de l’embrâsementgénéral du Midi, afin de porter un dernier coupà la nation polonaise qui, par la révolution de1789 et ses nouvelles institutions , avait détruitl’influence de la Czarine sur le faible Stanislas.
Sa politique était donc d’encourager la résistancedes émigrés et les projets de coalition généralecontre les principes alarmans propagés en France ;c’était mettre aux prises, etarmer les unes contreles autres , toutes les puissances dont l’interven-tion aurait pu gêner ses projets.
La Suède, après avoir langui long-temps sous Suède ,le joug d’un sénat ombrageux qui tenait le pou-voir monarchique sous une tutelle funeste,avait vu triompher ce dernier par l’énergie deGustave, et l’appui qu’il avait reçu de la France .
Sorti avec honneur de ses luttes contre Cathe-rine , ce prince avait la réputation d’un héros ;attaché à Louis par l’amitié, et par principes, au-tant que par les vues d’une saine politique, ilétait un des alliés les plus précieux de la maisonde Bourbon.
Le Danemarck, neutre depuis long-temps , Danemarck.étranger à toutes les crises de ses voisins, flo-rissait à l’ombre de la paix , et savait profiter de