LIVRE 1 er , CHAP. III. 203
mise aux droits de l’assemblée dans les négocia-tions, il provoqua, par une discussion publi-que, les agressions directes qui devaient mettreplus d’aigreur dans les relations des deux états.
Cette réponse rédigée du reste avec sagesse,
■ et forte d’argumens, jettera un grand jour sur lesvéritables dispositions des puissances alliées àcette époque. Le parti républicain se vengeabientôt sur de Lessart des vérités que Je princede Kauuitz avait dévoilées. Le ministre fut dé-crété d’accusation et traduit à la haute-co.ur na-tionale.
La famille royale éperdue , n’avait aucune Ministère deconfiance dans ses conseillers qui ne pouvaientplus rien ; on recourut dans cette extrémité aumoyen dangereux qui avait coûté la vie à Char-les I er ; en déterminant Louis à renouveler entiè-rement son ministère et à se jeter franchemententre les bras du parti des Girondins. Dumourier fut appelé aux affaires étrangères, Roland à l’in-térieur , Servan à la guerre ; fatale résolution quiprécipita la chute du Monarque imprudent.
Les esprits s’aigrissaient de plus en plus; lesdiscours dont la tribune retentissait chaque jour,portaient dans toutes les Cours , des sentimensnaturels de haine et de vengeance. Les arme-; meus, les préparatifs dont l’Europe était agitée,j venaient à leur tour jeter en France une défiancei et une haine non moins forte.