254 INTRODUCTION.
voure de ses soldats , l’instruction de ses chefs,
se trouvait encore bien en arrière en 1792.
Le mode de recrutement était forcé, c’est-à-dire , qu’un ukase déterminait le nombre d’hom-mes à lever sur cent habitans mâles; ce nombrevariait suivant les circonstances ; et la noblesselaissait au sort, le soin de désigner les hommesqui devaient servir.
Un des inconvéniens de ce recrutement, c’estqu’il pèse également sur le paysan qui part, etsur le seigneur pour qui il devient un véritableimpôt.Le soldat russe sert 25 ans, après lesquelsil est invalide ou libre, s’il a les moyens d’exercerun métier.
L’opinion généralement accréditée en Europe ,que le paysan russe, ne possédant rien , gagnebeaucoup à devenir soldat, est dénuée de fon-dement. Un grand nombre d’entre eux, outreles champs de ses maîtres, cultive des fruits,des légumes, travaille et trafique à son compte.Beaucoup sont à leur aise ; et la vie du soldat,dans l’intérieur du pays, ne leur porte pas en-vie au point de la désirer. Mais quand ce paysanest sous les drapeaux, il s’y attache comme àune seconde patrie.
L’étranger est aussi dans l’erreur, lorsqu’il croitque le défaut d’instruction et de point d’honneurpersonnel détruise tout esprit national et de,corps. Saufs doute le Busse n’est pas attaché à son