LIVKE I er , CHAP. IT. 255
régiment par les liens qui retenaient un soldat ré-publicain ou un vétéran du camp de Boulogneà ses enseignes ; mais il l’est par d’autres consi-dérations , par l’attrait qu’a pour l’homme le plusgrossier, l'honneur de faire partie d’un corps dis-tingué par ses exploits.
L’admirable institution de l’ordre de Saint-Georges , les augustes cérémonies des drapeauxauxquelles elle donne lieu, les médailles portéespar le Souverain comme par le simple fusilier,sont autant de preuves qui démontrent combienle soldat russe est jaloux de distinctions, et com-bien le gouvernement sait en tirer parti.
Elevé de la manière la plus rude, sous un cli-mat terrible, il est le plus robuste de l’Europe , leplus capable de soutenir les fatigues et les priva-tions. En effet, sa condition s’améliore beaucoupà la guerre. Il ne connaît rien de plus sacré queses devoirs ; soumis à l’ordonnance comme auxpréceptes de sa religion, aucune fatigue, aucuneintempérie ne peut lui faire négliger les obliga-tions qu’elle impose. On voit dans toutes les mar-ches et durant une campagne entière, le canon-nier près de sa pièce, au poste qui lui est assignépar le règlement, et à moins d’être frappé par lefer ennemi ou autorisé par son chef, il ne laquitterait pour rien au monde. Le soldat du traincire son harnais au bivouac par 1 5 degrés de froidet aux jours fixés, comme il le ferait dans un bon