Band 
Tome premier. Introduction.
Seite
256
JPEG-Download
 

INTRODLCTIÜiV.

2 56

cantonnement pour aller à une parade. Cet espritadmirable d’ordre et de précision, joint à l’ins-tinct naturel que le soldat a de se pelotonner aulieu de fuir quand il est enfoncé, rend les défaitesextrêmement rares. Sans doute une telle troupeest moins facile à rallier sur le terrain qu’une ar-mée française, où l’intelligence du soldat suppléesouvent au défaut d’ordre; mais elle est aussi plusdifficile à rompre.

Cet instinct qu’aucune des troupes de l’Europe ne possède au même degré , s’est fortifié chez lesRusses par les guerres contre les Turcs. Là, toutfuyard est sabré par les nuées de cavaliers qui serépandent sur les flancs et les derrières de l'ar-mée. Ce n’est qu’en restant fermes et réunis qu’onéchappe à une destruction inévitable.

La noblesse de l’Empire, que l’on croit en pos-session des droits les plus exclusifs, sert avec undésintéressement unique, et si la faveur accordequelques préférences à de grands noms, il fautconvenir que nulle part ces exceptions ne sontmoins sensibles: il faut passer par tous les gradesavec une rigidité peu commune, et en commen-çant même par être bas-officier. Quelle distancen’y a-t-il pas de cette noblesse mâle et généreusequi commence par le métier de soldat, à ces gen-tilshommes courtisans qui, en F rance, devenaientcolonels en sortant des mains de leur précepteur,ou à ces grands d’Espagne qui ne voulaient plus