PIÈCES JUSTIFICATIVES. 367
se croit an moment de consommer sa coupable entre-prise ; lorsqu’à l’indignité de vous tenir captif au milieude votre capitale, elle ajoute la perfidie de vouloir quevous dégradiez votre trône de votre propre main ; lors-qu’elle ose enfin vous présenter l’option, ou de souscriredes décrets qui feraient le malheur devos peuples, ou decesser d’être Roi . Nous nous empressons d’apprendre àVotre Majesté que les puissances dont nous avons ré-clamé pour elle le secours , sont déterminées à y em-ployer leurs forces, et que l’Empereur et le roi dePrusse viennent d’en contracter l’engagement mutuel.Le sage Léopold , aussitôt après avoir assuré la tran-quillité de ses états et amené celle de l’Europe , a signécet engagement à Pilnitz, le 29 du mois dernier, con-jointement avec le digne successeur du grand Frédéric ;ils en ont remis l’original entre nos mains; et pour lefaire parvenir à votre connaissance, nous le ferons im-primer à la suite de cette lettre, la publicité étant au-jourd’hui la seule voiede communication dont vos cruelsoppresseurs n’aient pu nous priver.
Les autres cours sont dans les mêmes dispositionsque celles de Vienne et Berlin . Les princes et états del’Empire ont déjà protesté, dans des actes authentiques,contre les lésions faites à des droits qu’ils ont résolu desoutenir avec vigueur. Vous ne sauriez douter, Sire,du vif intérêt que les rois Bourbons prennent à votresituation; leurs Majestés catholique et sicilienne en ontdonné des témoignages non équivoques. Les généreuxsentimens du roi de Sardaigne , notre beau-père, nepeuvent pas être incertains. Vous avez droit de comptersur ceux des Suisses , les bons et anciens amis de la