PIECES JUSTIFICATIVES.
O78
N° 12.
Notes relatives aux démêlés avec la Suisse .
Il serait beau , écrivait le ministre Servan, au généralMontesquiou, daller briser les fers que le despotismeavaitforgés pour accabler les Genevois , s’ils -voulaientétablir les droits de Vhomme.
Cette phrase, citée par un écrivain digne de foi , n’estpas le seul indice qui autorise à croire que le ministèremal conseillé par Clavière avait formé le projet d’uneagression contre Genève , au risque de la voir s’étendreà toute la Suisse . Il ne sera pas hors de propos de rap-peler ici quelques circonstances à nos lecteurs, pour leuréclairer cette question.
Après de nombreux débats, la république de Genève avait été forcée d’avoir recours à ses voisins pour rétablirle calme dans ses murs : le parti démocratique avait eule dessous , sa constitution avait été mise en 1782 sousla garantie de la France, du Piémont et de Berne ; sideux de ces puissances se faisaient la guerre, et qu’il yeut lieu à exercer la garantie, elles devaient envoyerchacune de leur côté des commissaires chez celle quiserait restée neutre , afin de s’entendre sur les moyensd’y parvenir, et pour décider si les troupes de la puis-sance neutre marcheraient seules sur cette ville, ousi des détachemens des trois puissances s’en approche-raient ; hypothèse dans laquelle le territoire genevois serait alors réputé neutre. C’était sur ce traité queClavière se fondait à tort, et qu’il brisa quand il en vitl’insuffisance.